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Les contrats d’apprentissage et de professionnalisation ne fusionneront pas

Formation | publié le : 02.12.2021 | Benjamin d'Alguerre

C’est l’une des arlésiennes du monde de la formation professionnelle. Les contrats d’apprentissage et de professionnalisation fusionneront-ils un jour ? La question se posait déjà avant 2018, mais, depuis la réforme de 2018 qui a fait tomber un certain nombre de distinctions entre les deux, elle se fait plus pressante. Si hier, la distinction était encore claire (le contrat d’apprentissage était destiné aux jeunes dans un cadre – le plus souvent – de formation initiale alors celui de professionnalisation ciblait davantage les salariés en reconversion ou les demandeurs d’emploi), les modifications apportées au contrat d’apprentissage par la loi Pénicaud "pour la liberté de choisir son avenir professionnel" (extension de l’âge d’un signataire jusqu’à 29 ans, élargissement des certifications accessibles par l’apprentissage…) ont fait tomber les barrières au point que la croissance de l’un s’est en partie faite au détriment de l’autre. De fait, pour les établissements de formation, miser sur l’apprentissage mieux pris en charge financièrement au travers des coûts-contrat et des primes à l’embauche d’apprentis qui se poursuivront jusqu’en juin 2022 laissait peu d’espace aux "contrats de pro". Les chiffres de 2020 sont sans appel : 495 000 contrats d’apprentissage y étaient recensés contre environ 113 000 contrats de professionnalisation, soit pour ces derniers un recul de 100 000 en deux ans ! Et si les chiffres de la "pro" 2021 ne sont pas encore connus, la croissance de l’apprentissage (560 000 contrats signés mi-novembre) laisse présager que le fossé s’est encore agrandi.

Pourtant, le contrat de professionnalisation a connu un léger regain de popularité en cette fin d’année depuis qu’il a fait son retour dans l’arsenal des solutions de reconversion professionnelle dans le cadre de France Relance avec, à la clé, une prime de 8 000 euros pour tout employeur choisissant d’embaucher un chômeur de longue durée à ce statut. Alors, fusionnera ? Fusionnera pas ? Élisabeth Borne, invitée de la Fnadir, la Fédération des directrices et directeurs de CFA, a tranché le 1er décembre 2021 : "Les deux présentent des potentialités et des caractéristiques propres, s’inscrivant dans le cadre de la formation initiale et continue. À ce stade, je ne souhaite supprimer ni l’un, ni l’autre ; ni les fusionner". Fin du suspense.

Auteur

  • Benjamin d'Alguerre