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« Le plan de modernisation des organismes de formation doit leur laisser un maximum de liberté » (Bruno Sola, FFP)

Formation | publié le : 23.03.2021 | Benjamin d'Alguerre

Après une première phase d’observation du terrain, le plan de modernisation des organismes de formation ("OF") mis en place dans le cadre du plan de relance, et pour lequel l’État a débloqué une enveloppe de 300 millions, devrait entrer en avril dans sa phase préparatoire. Pour la Fédération de la formation professionnelle (FFP), l’enjeu est d’éviter une sur-centralisation des décisions.

Entretien avec Bruno Sola, président de la commission Innovation & Transformation de la FFP.

Comment se déroulent les travaux avec le ministère du Travail et le Haut-Commissariat aux compétences concernant la digitalisation des organismes de formation ?

Bruno Sola : Très bien, nous sentons une réelle volonté de la Haute-Commissaire aux Compétences (HCC), Carine Seiler, de partager le projet pour le rendre utile et réaliste avec les problématiques du secteur. La FFP et d’autres acteurs de la formation travaillent depuis le mois d’octobre à la définition de ce plan de modernisation aux côtés de la HCC et ses équipes, mais aussi de Caroline Cohen, la conseillère emploi-formation d’Élisabeth Borne. Le Haut-Commissariat avait rédigé une première mouture du plan orientée sur la digitalisation des OF – ce qui est normal au vu de la période Covid, où la priorité des formateurs est de construire une offre à distance pour leurs stagiaires – mais il nous paraissait pour notre part plus pertinent de construire un vrai plan global de transformation et de modernisation des acteurs de la compétence, pour répondre aux trois fractures que nous avons identifié : fracture stratégique, fracture pédagogique et, effectivement, fracture numérique. Selon nous, il est important que le plan ne se focalise pas seulement sur la digitalisation, mais sur une transformation durable du secteur qui impliquerait non seulement les OF traditionnels, mais aussi les acteurs de l’EdTech, si dynamiques depuis cinq ans. À cet effet, nous avons initié avec nos adhérents une phase de workshop pendant laquelle l’équipe du Haut-Commissariat et les deux cabinets choisis pour accompagner la rédaction du plan (Wavestone et Roland Berger) peuvent interroger et visiter nos adhérents et organismes de formation volontaires pour s’imprégner des réalités et besoins du terrain.

Quelles mesures devraient, selon vous, apparaître dans le plan ?

B. S. : D’une manière générale, nous  sommes concernés par les risques qu’entraînerait une prise de décision trop rapide et pas assez centrée sur le terrain. Par exemple, côté équipement, l’État travaille actuellement sur le développement d’une plateforme LMS publique afin de diffuser des contenus formatifs. Cela nous paraît pertinent, mais il ne faudrait pas que le contenu de ce "hub" se limite à un catalogue "sur étagères", défini par les seuls pouvoirs publics. Il serait préférable de doter les organismes de formation d’outils-auteurs leur permettant de créer et diffuser leur contenu librement, en fonction de leurs besoins, dans une volonté d’autonomisation des OF. De même, nous insistons sur la réalité que vivent les opérateurs de terrain. Nous partageons l’importance que le plan futur laisse à l’offre de formation et ses acteurs un maximum de liberté pour poursuivre le travail réalisé par les Régions, ou accompagner celles qui n’auraient pas encore mis sur pied des dispositifs visant à moderniser l’appareil de formation dans le respect d’autonomisation des OF, en lien avec le respect des normes qualité existantes – sans multiplier de nouveau les procédures de contrôle, de labellisation ou de certification qui risqueraient de mettre à l’arrêt la dynamique d’innovation nécessaire à la transformation du secteur.

Quel est le calendrier de déploiement du plan ?

B. S. : La phase d’immersion des collaborateurs de la Haute-Commissaire devrait s’achever en avril. Nous espérons une rédaction rapide du plan et sa validation par les pouvoirs publics au mois de juin, pour un déploiement dès septembre 2021 afin d'accompagner, nous l’esperons, un véritable plan de relance dans une situation sanitaire apaisée.

 

Auteur

  • Benjamin d'Alguerre