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La formation, une histoire d'hommes ?

Formation | publié le : 28.07.2020 | Benjamin d'Alguerre

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Selon une enquête de la Dares, à caractéristiques individuelles, familiales et professionnelles identiques, les femmes en emploi se sont moins formées que les hommes entre 2010 et 2015.

On savait la formation inégalitaire sur le plan social (accessible en priorité aux salariés les mieux diplômés, aux salariés du publics, aux cadres, aux salariés des grandes boîtes par rapport à ceux des PME…), serait-elle en plus sexiste ? C’est ce que tend à démontrer une étude de la Dares parue le 28 juillet et ayant suivi les parcours de formation (non-diplômante) de salariés et de salariées entre 2010 et 2015.

À première vue, pourtant, l’accès à la formation semble égalitaire. 61,1% des hommes et 58,6% des femmes ayant exercé un emploi entre 2010 et 2015 ont suivi une formation. Toutefois, à y regarder de plus près, l’équilibre entre sexes se dissipe car la différence des typologies des métiers compte : « C’est la présence des femmes dans l’administration, secteur parmi les plus formateurs, qui réhausse le taux de formation global des femmes », avertit la direction statistique du ministère du Travail. Dans ce secteur, 67% des femmes (et 70% des hommes) ont accédé à la formation durant la période de l’étude. Il en a été de même dans l’enseignement et la santé, autres secteurs très féminisés. En revanche, dans l’industrie, le ratio d’accès à la formation s’est monté à 51% pour les femmes contre 67% pour les hommes. Il était de 51% contre 58% dans le commerce, les transports ou l’hébergement-restauration et de 34% à 57% dans l’agriculture. Seule exception : l’immobilier. Ici, la tendance a connu une courbe inverse puisque 65% des femmes y ont été formées contre 55% des hommes.

Autres sources d’inégalités : les hommes ont davantage accès aux formations longues que les femmes. Travailleurs et salariés de sexe masculin ont ainsi été 40% à accéder à une formation de plus de 18 heures contre seulement 32% de leurs homologues féminins.

Les écarts entre les femmes et les hommes sont particulièrement importants parmi les non-diplômés, les employés et les ouvriers. « La période qui suit la naissance d’un enfant est également peu propice à la formation », ajoute la Dares. Après l’arrivée de leur premier enfant, les femmes n’ont ainsi été que 18% à se former, 15% après celle du deuxième enfant et 13% après celle du troisième. Enfin, pour concilier leurs obligations familiales et leur vie professionnelle, les femmes ont eu davantage tendance à se former sur leur temps libre que les hommes. Lorsqu’elles étaient en emploi, 17% des formations d’au moins 18 heures ont été suivies en partie en dehors du temps de travail contre 11,5% pour les hommes. L’écart se creuse encore plus en fonction du nombre d’enfants. Hors des périodes d’emploi, 15% des hommes se sont formés contre 10% des femmes.


Pourtant, l’appétence est là ! En 2015, 39,2% des femmes ont déclaré avoir besoin de se former (33,9% des hommes) et 50,4% en avoir envie (43,4% des hommes). Parmi celles et ceux ne s’étant pas formées entre 2010 et 2015, 38% des femmes n’ont reçu aucune proposition en ce sens contre 35% des hommes. Les raisons matérielles les empêchent moins que les hommes de poursuivre des formations (30% contre 34%). Mais 10% d’entre elles, qui n’ont pas pu se former malgré une demande invoquent un refus de l’employeur, contre 9% des hommes.

 

Auteur

  • Benjamin d'Alguerre