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"La formation des inspecteurs du travail n'est pas assez centrée sur la pratique professionnelle" (CGT)

ISRH | Formation | publié le : 23.06.2020 | Gilmar Sequeira Martins

Simon Picou, secrétaire national du syndicat CGT TEFP.

Crédit photo DR

Un arrêté du 11 juin supprime le stage européen ou international ainsi qu’une épreuve d’évaluation de la formation des inspecteurs du travail. Simon Picou, secrétaire national du syndicat CGT TEFP (travail, emploi, formation professionnelle), analyse l’impact de ces modifications.

Quelles sont les répercussions de la suppression d’une épreuve d’évaluation sur la formation des futurs inspecteurs du travail ?
Simon Picou :
La suppression de l’épreuve d’évaluation tient à la réduction de la période de formation du fait de la pandémie. Elle a pour conséquence une adaptation du barème de formation. Le problème, c’est que l’administration a réagi très tardivement pour adapter la formation de nos collègues. Il a fallu de longues semaines pour que la formation à distance soit mise en place durant le confinement. Et maintenant que se discute la reprise de la formation en présentiel, nos collègues vont devoir faire leur stage en juillet alors que la présence des agents sera réduite ou adaptée aux mesures sanitaires. La quantité d’actes professionnels auxquels nos collègues pourront participer va être réduite. Ils devront pourtant fournir un rapport d’étude portant sur un thème de contrôle qui nécessite d’accompagner les agents en mission pour faire des observations des gestes professionnels afin de dégager des préconisations, des réflexions et des pistes d’amélioration.

En quoi cela va-t-il impacter la formation des futurs inspecteurs du travail ?
S. P. :
Ce travail sera très difficile à mener du fait, d’une part, de la durée réduite de cette période, et, d’autre part, de l’activité des services, qui sera très orientée sur les conséquences du Covid et qui portera essentiellement sur les fraudes à l’activité partielle, les interventions en santé-sécurité qui découlent de la prévention de l’épidémie ou la situation de non-paiement de salaires lié aux faillites. Cela risque d’être compliqué d’accompagner les inspecteurs élèves sur les contrôles qu’ils devraient voir pour réaliser leur rapport. Il leur sera quasiment impossible de fournir de bons rapports et l’évaluation n’aura pas beaucoup de sens. Il aurait mieux valu neutraliser ces évaluations et dégager du temps pour rattraper le temps perdu durant le confinement.

La suppression du stage à l’étranger pose-t-elle autant de difficultés ?
S. P. :
Le stage à l’étranger ne fait pas partie du cœur de la formation. Dans le parcours des inspecteurs élèves du travail, il y a toute une série de modules sur le droit du travail, les différents risques, et d’autres, qui sont pilotés par des pairs, mais aussi toute une série d’éléments qui relèvent de « l’idéologie administrative », des éléments qui sont longs et fastidieux et de peu d’intérêt par rapport aux situations auxquelles les futurs inspecteurs seront confrontés. Il y a encore des modules de formation au management alors que depuis 2014, les inspecteurs en sortie d’école sont dans leur immense majorité affectés sur des postes d’agent de contrôle et ne sont pas chefs de service. Cela n’a pas beaucoup de sens. Des prestataires assurent aussi des formations à la communication qui ne sont pas fondamentales. Ce type de module présente peu d’intérêt pour les missions ultérieures que nos collègues vont devoir gérer. Il aurait été préférable de concentrer la formation sur la pratique professionnelle pour qu’ils soient mieux formés lors de leur prise de poste en janvier.

Propos recueillis par Gilmar Sequeira Martins

Auteur

  • Gilmar Sequeira Martins