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Houria Benni (SNCF) : "Notre objectif : 1 000 alternants de plus par an"

ISRH | Formation | publié le : 23.06.2020 | Benjamin d'Alguerre

Houria Benni.

Crédit photo DR

Le développement de l’alternance fait partie des objectifs que s’est fixés la direction de la SNCF dans le cadre du plan de transformation de l’entreprise. Jean-Pierre Farandou, le président du groupe, a annoncé son ambition d’accueillir 1 000 alternants supplémentaires dès 2021. Houria Benni, directrice du département formation, en précise les contours.

Quelle est aujourd’hui la politique d’alternance menée à la SNCF ?
Houria Benni :
Nous sommes de grands consommateurs d’alternance. Nous signons chaque année environ 4 000 nouveaux contrats, à quasi-égalité entre contrats d’apprentissage et de professionnalisation, et, en moyenne, 6 000 alternants sont présents chaque année dans l’entreprise, sur des niveaux allant du bac pro à bac + 5. Pour un tiers, les alternants sont accueillis sur des métiers de la production ferroviaire (maintenance matériel roulant, service commercial voyageurs, agents de circulation, agents de maintenance des voies et des équipements, etc.). Ils sont généralement recrutés à l’issue de leur contrat. Pour les autres, il s’agit davantage de fonctions supports (RH, finance, SI, communication, etc.) et l’alternance à la SNCF constitue plutôt une première insertion dans l’emploi, mais elle ne débouche pas forcément sur un recrutement. Pour recruter sur nos métiers spécifiques, nous avons besoin d’être très attractifs. La SNCF dispose de son propre centre de formation en apprentissage interne « hors les murs », le CFA Ferroviaire, qui accueille chaque année près de 400 jeunes. Mais nous avons noué des partenariats avec 500 établissements et écoles afin de faciliter le sourcing des alternants et de permettre un bon maillage du territoire. Désormais, notre objectif est d’atteindre 5 000 nouveaux alternants chaque année (en flux), soit mille de plus, et 7 000 en stock dès 2021. Cela ne nous effraye pas : nous sommes habitués à traiter de gros volumes d’alternants et disposons  d’un réseau  de tuteurs pour les accueillir dans de bonnes conditions.

Quelle utilisation faites-vous des deux types de contrat, apprentissage et professionnalisation ?
H. B. :
Quoiqu’ayant tendance à se rapprocher depuis la réforme de 2018 (notamment en matière d’âge des candidats), les deux types de contrat répondent à des problématiques de financement, d’éligibilité et de sourcing différentes. C’est surtout en fonction des profils des alternants et des besoins métiers que nous privilégions l’un ou l’autre. Le contrat d’apprentissage a notre préférence concernant les métiers de services ou de la maintenance matériel. Celui de professionnalisation concerne davantage les formations aux métiers maintenance du réseau, pour lesquels certains campus internes forment eux-mêmes les jeunes.

Le dispositif de reconversion ou de promotion par l’alternance Pro-A  correspond-il à vos besoins en formation ?
H. B. :
Oui. Nous utilisions beaucoup la période de professionnalisation – que Pro-A remplace en partie – pour des formations visant  des évolutions de carrière ou de promotions internes pour nos salariés. Pro-A présente l’avantage de faire perdurer des financements pour ce type de dispositif. Cependant, pour qu’il rentre en vigueur, un accord de branche est nécessaire. Nous espérons qu’un  tel accord sera conclu avant la fin de l’année 2020.

Propos recueillis par Benjamin d’Alguerre

 

Auteur

  • Benjamin d'Alguerre