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Entreprises : le défi croissant du « développement » des salariés

Formation | publié le : 13.09.2023 | Gilmar Sequeira Martins

Entreprises : le défi croissant du « développement » des salariés

Entreprises : le défi croissant du « développement » des salariés

Crédit photo WrightStudio / Adobe stock

À l’heure où déferlent les outils d’intelligence artificielle enfin accessibles au plus grand nombre (ChatGPT, Midjourney, etc.), la formation devient un facteur d’autant plus décisif de compétitivité. Le dernier rapport de Cornerstone sur la gestion des talents met en exergue les écarts entre directions et salariés sur la capacité des organisations à développer les compétences.

Les organisations sont-elles perçues comme capables de développer les compétences ? Les avis sont pour le moins partagés. Le dernier rapport de Cornerstone sur la gestion des talents, établi avec The Starr Conspiracy à partir des réponses de 700 dirigeants et 1 400 salariés établis en Amérique du Nord, en Europe et en Asie-Pacifique, donne un aperçu du gouffre qui sépare les directions et leurs collaborateurs. En France, le malentendu est flagrant : alors que 80 % des employeurs sont convaincus de pouvoir développer les compétences de leurs équipes, les salariés sont moitié moins nombreux (46 %) à partager cet avis. La situation n’est pas spécifique à la France, au demeurant. À plus grande échelle, dans la zone comprenant l’Europe, le Moyen-Orient et l’Asie-Pacifique (EMEA), les salariés sont encore moins enclins (41 %) à estimer que leur entreprise leur propose les outils capables d’assurer leur développement.

L’intégration des nouvelles technologies est l’autre défi que relève le rapport. À l’échelle EMEA, une majorité (60 %) des organisations n’exploite toujours pas l’intelligence artificielle (IA) pour optimiser la gestion de leurs talents. À peine 38 % des entreprises ont vraiment déployé le plein potentiel de l’IA. Le rapport note que ce sont les organisations les plus importantes, comptant 10 000 employés ou plus, qui l’utilisent le… moins. Cette étude souligne que l’IA est un outil-clé pour « aller au-delà du simple suivi des compétences » et passer à une élaboration des stratégies de gestion des talents « axées sur l’action ».

Encore plus préoccupant : à peine plus d’un tiers (37 %) des organisations utilise des outils centrés sur l’apprenant afin de rationaliser les processus de transmission des compétences ainsi que les informations sur les talents. La France se situe en queue de peloton avec 28 % seulement des entreprises ayant recours à ces dispositifs, se plaçant ainsi derrière l’Allemagne (31 %) et le Royaume-Uni (33 %).
Indépendamment de la capacité réelle des organisations, le rapport évoque aussi le soutien apporté par les organisations aux salariés quant à leur formation, progression et acquisition de compétences. Là encore, dirigeants et salariés sont loin de chausser les mêmes lunettes et de voir la même réalité : alors qu’une majorité massive d’employeurs, soit près de 9 sur 10 (88 %), se disent convaincus d’apporter ce soutien, un tel avis n’est partagé que par 6 salariés sur 10 (59 %). Un autre défi ne doit pas être négligé : celui de la faible estime que se porte un nombre important de salariés. Ils sont 41 % à se dire « convaincus » qu’ils ne possèdent pas les ressources nécessaires pour améliorer leurs compétences.

Globalement, les entreprises ne s’en sortent pas si mal pour autant. Le rapport de Cornerstone estime en effet que le score mondial moyen de l’index de gestion des talents atteint 88 points sur une échelle qui en comprend 112. Autrement dit, la plupart des organisations se situent au niveau dit « opérationnel », soit le deuxième des quatre du classement (basique, opérationnel, performant et transformant).
Depuis la première édition de cette étude annuelle menée par Cornerstone, en 2020, l’écart moyen entre les avis des employeurs et des salariés s’est stabilisé autour de 30 points de pourcentage. Selon les auteurs, cela signifie que les organisations n’ont toujours pas consenti les efforts nécessaires pour acquérir les outils ni favorisé les actions afin d’assurer le développement des compétences que les collaborateurs souhaitent maîtriser.

Comment changer la donne ? En rendant les formations plus attrayantes, estime Cornerstone. Comment ? Le rapport évoque quatre leviers : d’abord en établissant un lien clair entre les apprentissages et l’évolution de carrière ; aussi en favorisant l’accès aux formations ; ensuite en proposant des contenus pertinents et personnalisés, grâce à l’IA notamment ; enfin en promouvant un apprentissage sous la forme d’une expérience sociale et collaborative, dispositif plus motivant et efficace.

 

Auteur

  • Gilmar Sequeira Martins