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Terra Nova propose un "contrat emploi-formation" pour tous les jeunes de 17 à 25 ans

Apprentissage | publié le : 08.04.2022 | Benjamin d'Alguerre

 

Bien, mais peut mieux faire. C’est en substance le message adressé par le think tank Terra Nova quatre ans après la réforme de l’apprentissage. Face à un taux de chômage des actifs de moins de 25 ans qui frôle encore les 20%, le laboratoire d’idées, dans le rapport « Le nouvel âge de la formation professionnelle » publié le 7 mars dernier, propose d’étendre le bénéfice de l’alternance à 2 millions de personnes grâce à un nouveau dispositif, le contrat emploi-formation imaginé par les experts du think tank en collaboration avec le groupe Galileo Global Education.

Ce dispositif universel prévu pour les 17-25 ans, qui prendrait la forme d’un contrat d’apprentissage étendu, ambitionne de répondre à deux problématiques : l’insuffisance d’un système éducatif « peu professionnalisant » qui oblige les entreprises recruteuses de jeunes à les former ensuite à nouveau sur leurs propres budgets, et le décrochage scolaire et universitaire que le retour en formation rebute à l’idée de « retourner à l’école ». « La réponse se trouve au croisement de ces deux problèmes de l’employabilité et de la compétitivité : ne pas se tourner vers un système d’assistance – les aides ne permettent pas une solution systémique durable –, mais vers un équilibre de devoirs et de droits pour les jeunes comme pour les entreprises, par l’universalisation du contrat emploi-formation – c’est-à-dire de l’alternance, mais d’une alternance simplifiée et ouverte pour être déployée à très grande échelle », juge Terra Nova.

C’est principalement grâce à une augmentation des budgets de l’apprentissage, à un transfert des revenus d’insertion et au maintien des aides à l’embauche d’apprentis initiées en mars 2020 que les créateurs du contrat emploi-formation entendent financer l’extension du dispositif à 2 millions de jeunes de moins de 25 ans. Un investissement plutôt qu’une dépense, estime Terra Nova, puisque selon les calculs du laboratoire d’idées, la généralisation de ce contrat pourrait générer, sur quatre ans, « 425 000 emplois de plus, 45 milliards d’euros de valeur ajoutée et 11 milliards d’euros de recettes directes et indirectes supplémentaires pour les finances publiques ». Sa mise en place s’appuierait cependant sur quatre réformes du contrat d’apprentissage tel qu’il existe aujourd’hui. D’une, la possibilité de le réaliser au sein de plusieurs entreprises différentes et ce sans limite, alors que ce nombre est aujourd’hui limité à trois de façon dérogatoire (« incompatible avec l’agenda des TPE », estime le think tank). De deux, une partie des périodes chez les employeurs peut être décorrélée de la formation principale, pour assurer un niveau d’activité suffisant sur la durée et permettre un parcours plus divers. De trois, une partie du temps en activité (désignée comme « période employeur » dans l’apprentissage) peut se faire en mission d’intérêt général (associations, collectivités…), lorsque les entreprises ne peuvent proposer suffisamment d’activité pour l’apprenti ou lorsque le projet personnel le justifie. Enfin, de quatre, le contrat permettrait l’inclusion des temps de formation non directement liés au métier préparé, mais apportant des compétences de valeur, de type préparation à l’emploi, formations courtes de mise à niveau sur des compétences de base, etc.

 

Auteur

  • Benjamin d'Alguerre