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Les aides à l'apprentissage ont surtout bénéficié aux diplômes les plus élevés (France Stratégie)

Apprentissage | publié le : 21.12.2022 | Benjamin d'Alguerre

Le Gouvernement a-t-il manqué sa cible avec ses aides à l’embauche d’apprentis ? En partie, conclut France Stratégie dans le volet « 1 jeune, 1 solution » de son second rapport d’évaluation du plan France Relance. Mises en place en mars 2020 pour accompagner la montée en puissance de l’apprentissage malgré la pandémie de Covid-19, ces primes à l’embauche (5 000 euros pour un apprenti mineur, 8 000 pour un majeur ou un handicapé), prolongées jusqu’au 31 décembre 2022, n’ont pas fait l’objet d’une révision une fois la situation sanitaire revenue à la normale.

Résultat : si sur le plan quantitatif, les chiffres sont bons (727 000 contrats d’apprentissage ont bénéficié des efforts financiers de France Relance), il n’empêche que les aides déployées (3,4 milliards d’euros pour 2020, 5,1 milliards pour 2021 et 5,8 milliards pour 2022) ont massivement bénéficié aux alternants les mieux susceptibles de s’insérer dans l’emploi plutôt qu’à d’autres. « À titre d’exemple, les apprentis préparant un diplôme ou un titre de niveau bac + 3 ou plus, pour qui a priori les difficultés d’insertion sont moindres, en comparaison de celles des jeunes moins qualifiés, contribuent à hauteur de la moitié de l’augmentation des entrées en apprentissage de 2019 à 2021, qui s’élève à un peu plus de 100 % sur la période. À l’inverse, les jeunes préparant une formation de niveau équivalent au CAP n’ont contribué qu’à hauteur de treize points à la progression de l’apprentissage », note France Stratégie.

Au total, tous dispositifs confondus, 2,6 millions de jeunes ont bénéficié d’un accompagnement à partir de l’une des mesures prises en charge au titre de France Relance (apprentissage, contrat de professionnalisation, garantie jeunes – depuis remplacée par le contrat d’engagement jeune –, parcours emploi compétences, accompagnement intensif des jeunes, parcours contractualisé d’accompagnement vers l’emploi et l'autonomie, ou insertion par l’activité économique). Avec des résultats plutôt positifs sur le chômage des jeunes qui, au troisième trimestre, se situait à un niveau historiquement bas (18,3 % de taux de chômage pour les 15-24 ans, soit -3,3 points par rapport au quatrième trimestre 2019), mais sans que l’étude de France Stratégie ne puisse déterminer à quel point France Relance y a contribué, tant ces chiffres sont proches de ceux de nos voisins européens, qui n’avaient pas forcément déployé de mesures spécifiques au lendemain de la pandémie.

Concernant l’apprentissage proprement dit, difficile également d’évaluer à quel point il a pu bénéficier du plan de relance et à quel point les jeunes qui ont suivi un tel cursus ont pu, ensuite, s’intégrer dans la vie active. France Stratégie vient de commander à l’Institut des politiques publiques une étude sur ces deux problématiques, dont les résultats sont attendus à la fin du deuxième semestre 2023.

 

Auteur

  • Benjamin d'Alguerre