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Employeurs et alternants, une relation plutôt gagnant-gagnant

Apprentissage | publié le : 18.02.2022 | Benjamin d'Alguerre

Alternance

La première enquête de l'Observatoire de l'alternance démontre qu'en dépit de certaines difficultés des jeunes à trouver une entreprise d'accueil et un accompagnement dans leur parcours, la satisfaction envers ce mode de formation est réciproque.

Le premier Observatoire de l’alternance vient de voir le jour. Lancé conjointement par le cabinet de stratégie sociale Quintet Conseil, la Fondation Adecco et l’association de promotion de l’alternance Walt, ce nouvel acteur se donne pour mission de constituer une ressource sur ce mode de formation qui a véritablement explosé ces trois dernières pour atteindre le seuil des 720 000 apprentis début 2022. Objectif de l’observatoire ? "Produire des états des lieux de l’alternance et dégager des pistes de réflexion pour aller plus loin", explique Olivier Gauvin, délégué général de Walt. Et constituer un complément aux divers observatoires existant déjà, souvent associés aux branches professionnelles, "qui n’analysent trop souvent l’alternance que sur la base des chiffres alors que nous envisageons de la remettre en perspective par rapport à la situation de l’emploi".

Le besoin en compétences… et le faible coût

Pour son premier exercice, l’Observatoire s’est associé à l’Institut BVA pour une première enquête de perception (en pièce-jointe) réalisée auprès de 500 alternants et de 600 recruteurs d’apprentis en entreprise (dirigeants, DRH, RRH, responsables du recrutement, etc.) Côté satisfaction, c’est carton plein : 91 % des entreprises et presque autant de jeunes se disent satisfaits de leur choix. Principale motivation des employeurs à recourir à ce mode de formation qui alterne temps passé en entreprise et dans un centre de formation : le besoin en compétences ou par leur politique RH à destination des jeunes pour 89 % d’entre eux. Dans le détail, 49 % revendiquent une démarche GPEC et la formation de leurs futurs salariés ; 24 % indiquent vouloir "faire rentrer dans l’entreprise des compétences peu ou pas présentes" ; 23 % le font pour répondre à un besoin urgent en compétences ; autant souhaitent embaucher sur des métiers en difficultés de recrutement et, pour 22 %, c’est un moyen de développer leur politique junior. À l’autre bout du spectre, il y a les 57 % d’entreprises qui, sans négliger les apports qualitatifs de l’alternance, y voient aussi la promesse de compétences peu coûteuses du fait notamment des aides à l’embauche mises en place en mars 2020 et de la faible rémunération des apprentis. "Ce n’est pas une surprise. Il est normal qu’une entreprise procède à des calculs coût-efficacité. Mais ce pourcentage n’est pas si élevé que ça", note Alain Druelles, associé chez Quintet Conseil. Pour Olivier Gauvin, la mise en place des aides à l’embauche de 2020 n’a pas suscité une vocation particulière de chasseur de primes chez les employeurs. "Seules 19 % des entreprises employeuses se sont engagées sur l’alternance depuis 2020. Les autres pratiquaient déjà avant", explique-t-il.

Un choix délibéré pour 69 % des alternants

Loin de ces préoccupations, les jeunes sondés semblent heureux de leur sort. Loin de l’image d’orientation par défaut qui lui a longtemps collé à la peau, l’alternance est un choix délibéré pour 69 % d’entre eux. Premières motivations avancées : l’acquisition d’une première confrontation avec le monde de l’entreprise, du travail et la construction d’un projet professionnel (61 %) et le bénéfice d’une rémunération et d’une formation financée (59 %). La diversité de l’offre de formation accessible par apprentissage aide aussi puisque, selon l’étude, les entreprises sont désormais aussi nombreuses à recourir à l’alternance sur les premiers niveaux de qualification que sur les métiers plus qualifiés. Dans les premiers niveaux, c’est la catégorie des employés administratifs ou de commerce qui se taille la part du lion (25 %), alors que chez les professions intermédiaires, ce sont les postes de techniciens qui attirent le plus d’alternants (20 %) et que les formations du supérieur font davantage la part belle aux cadres administratifs et commerciaux (20 %).

Difficultés réciproques

Pour autant, le parcours en alternance n’est pas un chemin pavé de roses. 45 % des jeunes font état de difficultés pour trouver leur entreprise d’accueil, de s’y intégrer ou de pouvoir bénéficier du suivi d’un tuteur. De fait : si six entreprises sur dix ont effectivement mis en place un parcours d’accueil en leur sein, elles ne sont que 7 % à le qualifier de véritable dispositif d’intégration. Et presque 30 % ne disposent pas de dispositifs de tutorat. Par ailleurs, le trop-plein de travail et le rythme trop intense n’ont pas permis à une partie de alternants de s’épanouir dans cette expérience. 27 % avouent être déçus de leurs conditions de travail et 12 % de l’ambiance dans l’entreprise. En face, les 29 % d’entreprises déçues par l’alternance expliquent leur désappointement par le caractère chronophage du suivi d’un alternant (31 %), de mauvaises expériences avec les jeunes (28 %) ou l’absence de besoin (26 %). Des efforts sont donc encore à faire… sous le regard, désormais, de ce nouvel Observatoire.

 

 

 

Auteur

  • Benjamin d'Alguerre