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Ce que cachent les bons chiffres de l'apprentissage en 2020

Apprentissage | publié le : 09.02.2021 | Benjamin d'Alguerre

En 2020, la barre des 500.000 contrats d’apprentissage signés a été franchie, révèle le baromètre dévoilé le 5 février par le ministère du Travail.

Soit un bond de 40% par rapport à 2019, qui avait déjà été une année exceptionnelle. Pour Élisabeth Borne, ce résultat est la conséquence des nouvelles règles du jeu instaurées par la réforme de l’apprentissage de 2018, mais aussi du plan « 1 jeune, 1 solution » lancé en juillet 2020. Selon la Fnadir, la fédération des directeurs de CFA, l’effet incitatif des nouvelles aides à l’embauche pour les entreprises (5.000 euros par an pour chaque apprenti mineur, 8.000 pour les majeurs) a effectivement joué. Ce sont surtout les PME de moins de 50 salariés qui sont massivement les premières employeuses d’apprentis (322.820 contrats, 66% du total), devant celles de 50 à 249 salariés (53.803 contrats, 11%) et les 250 à 999 (39.130 contrats, 8%). Les secteurs les plus « consommateurs » d’apprentissage restent le commerce (12,4%), le BTP (10%), les industries alimentaires (6,3%) et l’hôtellerie-restauration (5,4%). Le secteur public s’est également mobilisé, même si la part d’apprentis dans les effectifs y reste faible (5.000 contrats contre 495.000 dans le privé). Cette croissance de l’apprentissage se fait cependant au détriment d’un recul des contrats de professionnalisation. « Un réajustement », selon le ministère du Travail qui n'a pas encore établi le calcul des signatures de ces contrats pour 2020.
À la Fédération de la formation professionnelle (FFP), on se réjouit de ces bons chiffres, sans pour autant crier victoire. « 2020 a été une année atypique. Les chiffres vont se stabiliser », prévient Vincent Cohas, directeur général du groupe Cesi, et chargé du dossier de l’alternance au sein de la FFP. Non seulement parce qu’avec l’imposition de la comptabilité analytique aux CFA, ceux-ci pourraient « retourner dans la vieille logique bureaucratique de contrôle d’avant », mais aussi parce que France Compétences, l’organisme chargé de ventiler les fonds de la formation, serait amené à assurer une prise en charge financière moindre à l’avenir, pour résorber ses deux milliards d’euros de déficit. « Il faut sécuriser l’assiette du financement de l’apprentissage », souigne Vincent Cohas. 

 

Auteur

  • Benjamin d'Alguerre