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Améliorer le sourcing et le recrutement d'apprentis : les propositions de l'Observatoire de l'apprentissage

Apprentissage | publié le : 23.09.2022 | Benjamin d'Alguerre

Carpenter with apprentice in training period

Malgré la libéralisation de l'apprentissage depuis 2018, de nombreux freins économiques, géographiques et socioculturels pèsent encore sur l'orientation des jeunes vers les cursus en alternance. L'Observatoire de l'apprentissage préconise sept pistes de réformes pour en démocratiser l'accès. 

Apprenti, quel est ton profil ? C’est la question à laquelle tente de répondre l’enquête "orienter vers l’alternance" réalisée conjointement par le cabinet de conseil RH Quintet Conseil, l’association de promotion de l’apprentissage Walt et la Fondation The Adecco Group, tous trois associés au sein de l’Observatoire de l’apprentissage. L’objectif ? Tirer un rapide portrait-robot des jeunes engagés dans un cycle d’alternance afin d’identifier les déterminants socioculturels poussant certains à s’engager dans cette voie de formation plutôt que dans une autre, et comprendre quels freins sont encore à lever pour permettre sa démocratisation.

Certes, la loi Pénicaud de 2018 pour la liberté de choisir son avenir professionnel en a déjà levé un certain nombre, notamment administratifs et financiers. Ce qui s’est traduit, dès 2021, par l’engagement de 733 000 jeunes dans un cursus d’apprentissage et la croissance du nombre de CFA proposant des formations (2 791 établissements). Mais il reste du travail à faire, note l’étude.

L’apprentissage n’est pas toujours un choix

Car aujourd’hui encore, l’apprentissage n’est pas toujours un choix. On devient plus facilement un apprenti lorsque l’on est un garçon qu’une fille. Deux apprentis sur trois sont ainsi de sexe masculin. Et les passerelles entre les cursus menant à des métiers identifiés comme "masculins" et "féminins" sont encore largement à construire. Idem pour l’origine géographique : on est plus facilement apprenti lorsqu’on a vécu une situation d’échec scolaire et si une offre de formation identifiée existe dans sa région. Enfin, on choisit plus facilement la voie de l’apprentissage lorsque le métier visé est connu, que le candidat est capable d’autonomie et qu’il possède une connaissance préalable du monde de l’entreprise. 61 % des jeunes sondés indiquent ainsi rencontrer des difficultés à concilier études et travail et 64 % soulignent que leur centre de formation ne les a aucunement aidés à trouver un employeur.

Que faire, donc, pour lever tous ces freins, éteindre la voie de l’apprentissage au plus grand nombre et atteindre l’objectif d’un million d’apprentis fixé par le Gouvernement à l’horizon 2027 ? L’Observatoire de l’alternance préconise sept pistes pour fluidifier le sourcing et le recrutement. Alternance plus inclusive, travail sur la représentation genrée des métiers, meilleur accompagnement des jeunes dans la recherche d’une entreprise d’accueil, élargissement de l’éventail de formations accessibles via l’apprentissage, meilleure information des établissements scolaires et des CIO sur les cursus en alternance, diversification de l’offre de formation sur les territoires et développement des aides à la mobilité et à l’hébergement. Bref, un sérieux travail sur l’orientation pour rééquilibrer le système.

Auteur

  • Benjamin d'Alguerre