logo Info-Social RH
Se connecter

Le portail des décideurs du social et des ressources humaines par

Liaisons sociales magazine Entreprise & Carrières
Newsletter

Magazines

DRH, êtes-vous bien payés ?

Entreprise & Carrières | Salaires | publié le : 06.05.2016 | Emmanuel Franck

Image

Les rémunérations des DRH, longtemps moins payés que d’autres managers du comité de direction, se sont alignées. L’édition 2014 de l’enquête exclusive Entreprise & Carrière/Towers Watson confirme ce rattrapage que nous constations en 2013.

Salariés de ressources humaines, êtes-vous bien payés? L’étude exclusive d’Entreprise & Carrières sur les rémunérations de la fonction RH réalisée par Towers Watson, et parue le 18 novembre, permet de le vérifier. 

Tout en haut de la hiérarchie se trouve, bien sûr, le DRH. S’il travaille dans une grande entité, son salaire médian est de 210 000 euros par an. Dans une entité moyenne, il perçoit 150 000 euros. À noter que les très grandes entreprises n’entrent pas dans le périmètre de notre étude.

Ce qui le situe, comme l’année dernière, au-dessus du directeur juridique, mais bien en dessous du directeur marketing et au coude-à-coude avec le directeur financier (voir graphe ci-contre). « Le directeur marketing ramène de l’argent, il est donc logique qu’il soit mieux payé, commente Jean-Vincent Ichard, responsable du département enquêtes de rémunération chez Towers Watson. Quant au directeur juridique, il est rarement au codir. » L’écart de salaire entre le DRH et le directeur financier (6 %) n’étant pas significatif, on peut considérer qu’ils gagnent à peu près la même chose.
 
À l’aune de son salaire et de son bonus (lire p. 8), le DRH tient donc son rang, justifiant ainsi que son poste soit qualifié de « stratégique ». « En général, les chefs d’entreprise évitent qu’il y ait des écarts de salaires trop importants entre les membres du codir », explique Jean-Paul Vermès, président du cabinet de conseil en recherche de cadres et de dirigeants VMS France. En outre, « le poste de DRH est de plus en plus souvent ouvert à des opérationnels, tandis que des postes opérationnels le sont à des DRH, constate Frédérique Chenevier, directrice conseil RH et rémunérations chez Towers Watson France.
 
Ce décloisonnement contribue à la cohérence des salaires qui, elle-même, favorise la mobilité entre fonctions ». Notons cependant que, d’une année sur l’autre, le salaire du DRH a progressé un peu moins vite que celui de ses collègues. « Le mouvement de rattrapage du DRH est-il en train de se terminer ? », s’interroge Jean-Vincent Ichard.
 
Le comp & ben, un profil rare et donc demandé
 Les responsables rémunérations et avantages sociaux arrivent en deuxième position dans la hiérarchie des salaires : 81 000 euros pour un spécialiste ayant douze ans d’expérience. Il gagne un peu plus que le responsable des relations sociales (77 000 euros pour le même profil). L’un comme l’autre ont la possibilité d’agir sur la masse salariale. Le comp & benla pilote, le responsable des relations sociales la réduit lorsqu’il s’occupe d’une restructuration. « Ce sont des experts sur lesquels le DRH s’appuie, notamment pour piloter les coûts », analyse Jean-Vincent Ichard. Ce qui explique leur position dans la hiérarchie de la fonction RH. Toutefois, d’une année sur l’autre – pour autant qu’on puisse comparer –, le comp & benconnaît une plus forte progression que ses collègues. « Il y a une forte demande pour ces profils, par ailleurs rares, dont certains viennent de la finance », explique Jean-Vincent Ichard.
 
Le responsable formation et développement arrive juste après celui des relations sociales (76 900 euros). Sous le même intitulé se trouvent en fait deux fonctions. D’un côté, le responsable de formation, qui recueille les besoins, référence des formations et s’occupe des relations avec les Opca. Il s’agit donc d’un poste relativement administratif, moins bien rémunéré que celui du responsable du développement. Dès lors que ce dernier a en charge les carrières des hauts potentiels, « ça commence à payer », selon Jean-Vincent Ichard.

Recrutement et RRH
Les responsables recrutement et les RRH se situent vers le bas de l’échelle à peu près au même salaire (74 000 euros). « L’expertise en recrutement est plutôt en dehors de l’entreprise aujourd’hui, dans les cabinets de recrutement, constate Jean-Vincent Ichard. Le rôle du recruteur interne est plutôt dans l’analyse du besoin des managers et l’arbitrage entre les différentes possibilités de sourcing.
 
In fine, le choix du candidat reste souvent à la main du manager. » Sans compter que les recrutements externes sont rares en ce moment. Quant au RRH, son salaire médian rend mal compte d’un poste très diversifié, « qui va du travail quasiment prescrit au mini-DRH de site », relève Frédérique Chenevier.
Le responsable paie ferme la marche avec 43 000 euros. En général, il s’agit de postes non cadres.
 
MÉTHODOLOGIE

– L’étude a été réalisée à partir de la base de données de Towers Watson, sur un échantillon de 7 091 salariés occupant, en 2014, une fonction RH dans 552 entreprises.
– La rémunération monétaire inclut le salaire de base 2014, le variable individuel versé au titre de 2013, l’intéressement et la participation au titre de 2013.
– 
Grande entité :
chiffre d’affaires compris entre 1 et 2 milliards d’euros ; effectif compris entre 1 500 et 4 000 collaborateurs.
– 
Entité moyenne :
chiffre d’affaires compris entre 500 millions et 1 milliard d’euros ; effectif compris entre 500 et 1 500 collaborateurs.
– 
Confirmé :
à partir de sept ans d’expérience professionnelle.
– 
Spécialiste :
plus de douze ans d’expérience.
– 
Manager :
encadrement d’une équipe d’au moins trois personnes.

Auteur

  • Emmanuel Franck