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Comment font les entreprises non cotées ?

Entreprise & Carrières | Salaires | publié le : 15.09.2016 | Hélène Truffaut

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Alignement des intérêts de l’entreprise et des salariés, fidélisation des équipes, meilleur package de rémunération, etc. : en théorie, l’actionnariat salarié est un système vertueux qui fait consensus, mais qui qui reste confidentiel dans les entreprises non cotées. Les employeurs qui ont sauté le pas ne le regrettent pas.

Non, l’actionnariat salarié en France n’est pas l’apanage des grandes entreprises cotées – dont on peut, au passage, souligner la performance dans ce domaine au regard de leurs homologues européennes. Lorsqu’on parle de celles dont les titres ne sont pas négociables sur un marché réglementé, c’est le groupe Auchan (famille Mulliez) qui est immanquablement cité en exemple. Il faut dire que ce pionnier, qui a mis en place son actionnariat salarié en France dès 1977 via le fonds commun de placement Valauchan, compte aujourd’hui quelque 163 000 collaborateurs actionnaires dans neuf pays détenant 10 % du capital.

Mais qui sont les autres “pratiquants” et combien sont-ils ? Eres, société de conseil et de gestion en épargne salariale et actionnariat salarié, et le cabinet de conseil, d’audit et d’expertise comptable BDO ont levé le voile en mars dernier en présentant la première étude sur le sujet, réalisée auprès de 700 entreprises non cotées (lire Entreprise & Carrières n° 1280). Objectifs : connaître le taux d’équipement, identifier les freins et les leviers, et comprendre les motivations de celles qui ont ouvert leur capital à leurs salariés.

Des employeurs satisfaits

Les résultats étonnent : 80 % des PME interrogées voient en effet dans l’actionnariat salarié « une bonne chose ». Mais 4 % seulement sont passées à l’acte. Avec tout de même, dans 40 % des cas, un dispositif ouvert à plus de 50 % des collaborateurs. « Nous ne nous attendions pas à ce décalage entre l’équipement, que nous pensions plus important, et l’image positive qu’ont les entreprises de cette forme de participation », reconnaît Olivier de Fontenay, associé fondateur d’Eres. D’autant que 85 % des employeurs ayant mis en place une politique d’actionnariat salarié s’en disent satisfaits.

Fidélisation et motivation

Comme dans le “coté”, les motivations citées dans l’étude ont clairement une orientation RH : implication des salariés dans le fonctionnement de l’entreprise, fidélisation et motivation des troupes, amélioration du package de rémunération, renforcement de l’attractivité auprès des candidats à l’embauche (très difficiles à séduire lorsqu’ils sont eux-mêmes issus de grands groupes). « En alignant les intérêts des salariés et ceux de l’entreprise, on crée une plus grande cohésion », assure Loïc Desmouceaux, délégué général de la Fédération française des associations d’actionnaires salariés et anciens salariés (FAS).

Stabilité de l’actionnariat

Mais d’autres facteurs peuvent intervenir dans la décision. Pour le laboratoire pharmaceutique Pierre Fabre (13 000 collaborateurs dans le monde), il s’agissait aussi d’anticiper des difficultés de succession. Son dispositif, le plan Ruscus, a été lancé il y a dix ans : « Le grand intérêt de la démarche est d’avoir un actionnariat stable [au côté de la fondation Pierre Fabre, premier actionnaire, NDLR] tout en gardant son indépendance, soutient Christophe Latouche, président de l’association des actionnaires salariés de Pierre Fabre. Les collaborateurs sont associés au bon développement de la société et c’est devenu un élément de notre culture d’entreprise : nous appartenons, en quelque sorte, à la même famille. » (...)

Auteur

  • Hélène Truffaut