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L’intérim demande la révision du délai de carence

ISRH | Marché de l'emploi | publié le : 05.06.2020 | Benjalin d'Alguerre

En avril, près de 24 % des intérimaires ont pu bénéficier du dispositif d'activité partielle.

Crédit photo Minicel73/Adobe Stock

Victime collatérale de l’arrêt brutal de l’économie, le secteur de l’intérim a recommencé à redémarrer très doucement, passant d’un taux d’inactivité de  - 61 % en avril à « seulement » - 50 % en mai. De mauvais chiffres provoqués par la lente reprise des deux domaines employant le plus d’intérimaires : l’industrie et, surtout, le BTP. « D’autres secteurs consommateurs de travail temporaire ont connu des réductions moins significatives. Le transport et la logistique, par exemple, n’ont été impactés qu’à hauteur de 35 % grâce au e-commerce et aux activités indispensables à la continuité de la nation », résume Gilles Lafon, président de Prism’emploi, la fédération patronale du secteur. La crise aura cependant permis au travail temporaire de constater l’efficacité du contrat à durée indéterminée intérimaire (CDII), ce dispositif permettant à une entreprise d’intérim d’embaucher un travailleur temporaire en CDI, charge à elle ensuite de lui trouver des missions successives jusqu’à un plafond de 36 mois. « Ce contrat a pleinement joué son  rôle de protection renforcée pour ces salariés qui ont bénéficié du maintien complet de leurs rémunérations sans passer par la case assurance-chômage », note Isabelle Eynaud-Chevalier, déléguée générale de Prism’emploi.

Dès la fin mars, les intérimaires ont pu profiter de l’activité partielle. Au total, en avril, près de 24 % des intérimaires ont pu en bénéficier. Mais alors que la situation économique revient progressivement à la normale, le secteur réclame un plan de relance massif de relance pour le travail temporaire. Un plan qui pourrait notamment passer le maintien de la prise en charge de l’activité partielle à 100 % pour les travailleurs temporaires délégués dans les secteurs toujours frappés d’interdiction comme la restauration ou l’événementiel. Le secteur, en revanche, montre moins d’appétence pour le système d’activité partielle longue durée récemment intégré au projet de loi relatif à la crise sanitaire. « Adapté à l’industrie, il ne correspond pas aux besoins de notre branche », résume Isabelle Eynaud-Chevalier.

La relance du secteur pourrait aussi passer par un arsenal de primes à l’embauche et à la mobilité géographique afin d’inciter les entreprises à se tourner à nouveau vers l’intérim pour compléter leurs effectifs. Des allégements de charges pour les employeurs sont également demandés. Mais surtout, aux yeux de Prism’emploi, il pourrait s’agir de l’occasion de revenir sur quelques dispositions bloquantes, à commencer par le délai de carence (qui contraint les travailleurs temporaires à retourner au chômage entre deux missions) dont la fédération patronale demande la révision.

Auteur

  • Benjalin d'Alguerre