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54% des salariés voient désormais le travail comme une contrainte

Marché de l'emploi | publié le : 31.10.2022 | Gilmar Sequeira Martins

Indispensable, le travail est-il pour autant apprécié ? Une enquête menée par l’Ifop pour le site lesmakers.fr sur le phénomène du « quiet quitting » permet de mesurer l’évolution de l’attitude des salariés vis-à-vis du travail lui-même. En trente ans, elle est frappante. Ainsi, en 1993, un tiers seulement des salariés (33 %) indiquaient que la rémunération était leur principale motivation. L’enquête de l’Ifop, menée en octobre, révèle que c’est désormais le cas pour 45 % des personnes interrogées. Autre point crucial : la notion d’équilibre entre ce que les salariés apportent et ce qu’ils reçoivent en retour a elle aussi fortement évolué. Ainsi, il y a 30 ans, un quart seulement des salariés (25 %) estimaient ne pas recevoir de leur entreprise en proportion de leur investissement. Cette proportion a doublé puisque 48 % des salariés campent désormais sur cette position.

En parallèle, la part de salariés estimant que le rapport entre salariés et entreprise est équilibré a aussi fondu, passant de 54 % en 1993 à 39 % aujourd’hui. Donnée particulièrement signifiante, le sondage de l’Ifop révèle qu’à peine plus d’un actif sur dix (13 %) considère qu’il retire un bénéfice de l’engagement qu’il consent au service de l’entreprise qui l’emploie. Plus de la moitié des salariés (45 %) déclarent faire « juste ce qu’il faut » lorsqu’ils travaillent, une proportion en hausse nette depuis 2003 (37 %). En parallèle, la part de ceux qui disent s’impliquer « beaucoup » dans leur travail se réduit, passant de 60 % en 2003 à 51 % en 2022 (54 % pour les entreprises comptant plus de 10 salariés). Par catégories socio-professionnelles, les cadres restent les plus impliqués (63 %), devant les professions intermédiaires qui sont dans la moyenne (54 %) alors qu’ouvriers et employés sont sous la moyenne avec, respectivement, 45 % et 45 %, de sondés disant s’impliquer « beaucoup ».

La génération montante va-t-elle changer la donne ? Rien n’est moins sûr. Près des trois quart des sondés (74 %) la considèrent comme moins impliquée que celle de leurs aînés et les jeunes générations partagent cet avis : c’est le cas de 61 % des salariés âgés de 18 à 24 ans et de 71 % de ceux âgés de 25 à 34 ans. Le travail serait-il aujourd’hui considéré d’abord comme une contrainte ? Une majorité de salariés (54 %) partage désormais ce jugement alors qu’ils n’étaient que 48 % en 2006. Les salariés estimant que le travail est avant tout un moyen de s’épanouir sont désormais en minorité (46 %).

Auteur

  • Gilmar Sequeira Martins