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Le contrat d'engagement est lancé

Marché de l'emploi | publié le : 02.11.2021 | Benjamin d'Alguerre

500 000 jeunes éloignés de l’emploi seront éligibles au contrat d’engagement dont l’exécutif a décrit les contours le 2 novembre 2021.

Adieu le revenu d’engagement annoncé le 12 juillet par Emmanuel Macron afin d’aider les juniors de 16 à 25 ans ni en emploi, ni en formation, ni en études à remettre le pied à l’étrier vers l’emploi et bienvenue au contrat d’engagement, comportant une dimension plus contraignante au dispositif afin que celui-ci ne soit pas assimilé à un "RSA Jeunes" dont l’exécutif ne veut pas.

À l’occasion d’un déplacement à la mission locale de Vitry-sur-Seine, dans le Val-de-Marne, Jean Castex a énuméré les grands axes de ce nouveau dispositif. Si, à l’origine, tous les NEETs – soit près d’un million de personnes - pouvaient y être éligibles, les différents arbitrages entre le ministère du Travail et Bercy de ces trois derniers mois, ont abouti sur un objectif de 500 000 bénéficiaires. "Ce sont ceux qui sont le plus éloignés de l’emploi et qui ne sont pas en mesure d’en trouver par eux-mêmes bien qu’ils veulent travailler", explique-t-on à Matignon. Ce sont donc ces derniers qui devraient pouvoir profiter de ce "programme intensif d’accompagnement de 15 à 20 heures par semaine minimum", durant une période de douze mois (laquelle pourrait exceptionnellement monter à 18 pour les situations de très grande précarité).

Accompagnement constant, donc. Chacun des bénéficiaires d’un contrat d’engagement sera épaulé individuellement dans son chemin vers l’emploi par un conseiller de l’une des 1 400 Missions locales ou des 900 agences Pôle Emploi qui maillent le territoire et ce, même s’il dépend d’un autre organisme d’insertion comme l’Epide ou les Ecoles de la deuxième chance (E2C). Une appli permettra au jeune et à son "coach" de rester en contact en permanence. En échange de l’effort d’engagement consenti, le jeune signataire d’un tel contrat bénéficiera d’une allocation mensuelle pouvant monter jusqu’à 500 euros par mois, assortie, en cas d’appartenance à un foyer imposable sur la tranche I, d’un complément possible de 300 euros par mois. Mais comme pour la Garantie Jeunes dont le contrat d’engagement s’inspire beaucoup, l’allocation sera différencielle si le bénéficiaire dispose d’autres sources de revenus comme l’allocation de retour à l’emploi (ARE) de Pôle Emploi.

Durant son parcours, le jeune pourra se voir proposer une large palette de dispositifs d’insertion ou de formation : préparations préalables à une entrée en apprentissage de type "prépa compétences", une formation qualifiante ou pré-qualifiante, une mission d’utilité sociale type service civique, des stages ou des immersions en entreprise, un contrat d’alternance (apprentissage ou professionnelisation). "La mobilisation des entreprises est essentielle dans la construction des parcours de ces jeunes", estime Matignon. Pour les plus précaires des engagés, des moyens renforcés pourront être mobilisés passant notamment par la mobilisation des collectivités ou des associations de lutte contre la pauvreté ainsi que tous les acteurs territoriaux susceptibles de prévenir les risques de rupture type CCAS, clubs sportifs, associations de quartier ou bailleurs sociaux dans une logique logement-santé-insertion-emploi. Ces parcours particuliers pouvant s’étendre jusqu’à 18 mois passeront aussi par l’ouverture de nouvelles places dans les structures adaptées à l’insertion comme les E2C, les écoles de production ou l’Epide.

 

Auteur

  • Benjamin d'Alguerre