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Emploi en légère hausse et formation en chute libre dans le secteur du transport et de la logistique

Marché de l'emploi | publié le : 13.01.2022 | Benjamin d'Alguerre

Transport logistique

Au cœur de la pandémie, les professionnels du transport et de la logistique ont travaillé dur, recruté pour répondre aux besoins de leurs clients… mais peu formé. C’est ce qui ressort des conclusions du rapport annuel de l’Observatoire prospectif du transport et de la logistique (OPQL) paru le 12 janvier 2021. "Les salariés du transport et de la logistique étaient sur le terrain, en première ou deuxième ligne. Ils ont continué à transporter les personnes et les biens, à garantir l’approvisionnement des commerces, des usines, des particuliers, des hôpitaux. […] Les entreprises ont fait preuve de résilience, redoublant d’efforts pour s’adapter à la situation et satisfaire les nouvelles attentes de leurs clients, tout en assurant la protection de leurs salariés. Elles ont même, pour certaines d’entre elles, créé de nouveaux emplois, en particulier dans le transport routier de marchandises, où les effectifs salariés se sont accrus de 4 % en 2020", notent Michel Chalot et Bruno Lefebvre, respectivement président (FNTR) et vice-président (FO transports-logistique) de l’Observatoire.

Dans le détail, la branche a enregistré une hausse de 1,5 % des effectifs durant l’année 2020. C’est moins qu’en 2019 où les recrutements étaient en progression de 2,7 % mais le chiffre reste exceptionnel au regard du marasme sur l’emploi de cette année de cœur de crise (- 1,7 % dans le reste de l’économie). Portée surtout par le transport routier de marchandises (+ 4 %) et les prestataires logistiques (+ 1,6 %) cette embellie de l’emploi n’a pas profité au transport sanitaire (+ 0,3 %) ou au transport routier de voyageur affecté par les confinements (- 3,4 %).

Vraies victimes de ces activités en berne, les intérimaires dont le nombre a chuté de 11 % dans la période. Ceux-ci n’ont pas été mobilisés pour compenser les nombreux départs à la retraite (12 500 départs et 1 966 congés de fin d’activité) constatés en 2020 dans un secteur vieillissant où la proportion de plus de 50 ans s’élève à 42 %, soit 5 points de plus que l’année précédente. Au total, les offres d’emploi diffusées par Pôle emploi pour les professions "cœur de métier"» du transport et de la logistique ont diminué de 10 %, et celles déposées par les entreprises de la branche, tous métiers confondus, ont plongé de 30 %. Bref, le secteur a tenu bon, mais à effectifs constants, voire réduits.

Côté formation, en revanche, la tendance est nettement à la baisse. En 2020, le nombre de sortants de formations d’accès métier en conduite routière a chuté de 14 % en transport de marchandises et de 15 % en transport de voyageurs. Et si le nombre de diplômés en conduite a progressé (475 diplômés supplémentaires en conduite de transport lourd, soit + 18 %), le nombre de sortants de formation initiale minimum obligatoire (Fimo) recule fortement en 2020 : - 406 Fimo voyageurs (- 14 %) et - 2 574 Fimo marchandises (- 17 %). Idem pour les titres de conducteurs (TP) dont le passage, rendu impossible une partie de l’année par les fermetures administratives de centres de formation, a lourdement chuté en 2020 : ainsi le nombre de TP conducteur du transport routier de marchandises sur porteur délivrés diminue de - 19 % (- 2 832 titres délivrés), et le nombre de TP conducteur de transport en commun sur route de 15 % (- 1 068). L’ensemble des titres professionnels en transport-logistique délivrés en 2020 se sont repliés de 11 %. Seuls les diplômes d’ambulancier ont connu une croissance de 12 %.

En revanche, si 2020 a vu l’écroulement des plans de développement des compétences des entreprises de la branche (- 33 %) du fait des difficultés rencontrées pour se former pendant la crise sanitaire, elles ont su miser sur les possibilités offertes par l’ouverture du FNE-formation à destination des salariés en activité partielle. Plus de 7 000 formations ont été réalisées à ce titre (dont 38 % au bénéfice de salariés d’entreprises du transport routier de voyageurs). L’apprentissage a aussi connu une embellie notable. Porté par la réforme de 2018, les aides à l’embauche pour les employeurs et le plan "1 jeune, 1 solution", le nombre d’apprentis dans les entreprises de la branche a été multiplié par 2,2 en un an (soit une progression plus rapide que le reste du secteur privé de l’économie : + 40 %). Une hausse qui s’est faite au détriment des contrats de professionnalisation, quasi divisés par trois sur la même période.

 

 

 

Auteur

  • Benjamin d'Alguerre