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Les DRH veulent un Code du travail adapté au télétravail

Fonction RH | publié le : 20.10.2021 | Gilmar Sequeira Martins

Teletravail

Les DRH veulent un Code du travail adapté au télétravail.

Crédit photo Rymden - stock.adobe.com

La dernière enquête menée par l’ANDRH auprès de ses membres, dévoilée le 19 octobre 2021, montre une communauté préoccupée en priorité par la pénurie de main-d’œuvre (80 %) mais aussi par la réforme de la formation professionnelle (74 %). Près de la moitié des 359 répondants (46 %) ont par ailleurs indiqué qu’ils souhaitent faire évoluer la politique de rémunération dans les prochains mois. Enfin, 15 % d’entre eux rencontrent des difficultés, voire des oppositions, dans l’application des accords de télétravail.

Sur ce dernier point, l’ANDRH ne souhaite favoriser le 100 % télétravail, qui a été "difficile à gérer durant la crise" et s’avère porteur de risques pour la santé et la qualité du collectif de travail. Elle maintient sa préconisation, à savoir un nombre de jours maximal de deux jours par semaine. L’ANDRH demande que soit engagée avec les pouvoirs publics une triple réflexion. D’abord sur les accidents du travail, dont les termes (définition, reconnaissance, responsabilité) ont été définis à une époque qui ne connaissait que marginalement la réalité du télétravail. L’ANDRH note que 2 % des DRH déclarent faire des visites au domicile des télétravailleurs. Ensuite sur la prise en charge des trajets. Enfin, sur la réévaluation des dispositifs relatifs à l’organisation du travail, à la comptabilisation du temps de travail et à la santé, afin d’évaluer les articles du Code du travail à la lumière de la réalité actuelle. Par ailleurs, Benoît Serre, vice-président national délégué, appelle à maintenir l’équité entre les salariés qui peuvent avoir accès au télétravail et les autres. Il suggère une piste : l’extension du forfait-jour. Faute d’adaptation des dispositions actuelles, il avance que ces points seront tranchés par la jurisprudence, ce qui créera "une instabilité juridique".

Sur la politique de rémunération, l’ANDRH appelle à une réflexion sur les primes sur objectifs, "pour créer de l’augmentation de salaire variable", mais aussi à une refonte des accords d’intéressement et à une augmentation des bas salaires. "Cette question va devenir difficile à gérer, indique Benoît Serre. Toutes les entreprises ne sortent pas en forme de la crise." Il appelle par ailleurs les pouvoirs publics à revoir le forfait social pour les entreprises de plus de 350 salariés et à engager des aménagements fiscaux pour favoriser le pouvoir d’achat, comme lors de la crise de 2008 avec la libération d'une partie des fonds d'intéressement. Sur la politique de formation, les DRH se montrent sceptiques, trouvant la réforme de 2018 "compliquée", avec "une partie administrative trop lourde" et "trop d’interlocuteurs". "Les DRH veulent une simplification et une meilleure visibilité des dispositifs", estime Audrey Richard, présidente nationale de l’ANDRH.

Auteur

  • Gilmar Sequeira Martins