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L'ANDRH change de priorités

Entreprise & Carrières | Fonction RH | publié le : 02.02.2015 | Emmanuel Franck

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Recentrage sur les adhérents et participation au débat public : telles sont les priorités que l’ANDRH a exposées ce matin, alors que son nouveau président, Jean-Paul Charlez, entame un mandat de deux ans.

Le nouveau président de l’ANDRH, Jean-Paul Charlez, a présenté, ce matin, les priorités de l’association pour les mois à venir. Comme il s’y était engagé dans la profession de foi de la liste qu’il conduisait pour l’élection qui s’est tenue en décembre, Jean-Paul Charlez va s’atteler à réformer l’association afin de l’orienter davantage vers ses adhérents et de l’imposer dans le débat public.

Aux quelque 4 700 membres que comptait l’association fin 2014 et à ceux qui vont le devenir, il s’agit de proposer des services : « Je veux viser l’adhérent médian, qui est a priori une femme, travaillant dans les ressources humaines d’une petite ou moyenne entreprise pas forcément dotée d’une direction des ressources humaines, et donc plutôt seule pour gérer la complexité de notre métier, explique Jean-Paul Charlez, qui est par ailleurs DGRH d’Etam. Je voudrais que l’ANDRH se tourne vers cette adhérente et crée autour d’elle un réseau de solidarité. » De fait, seule la moitié des membres de l’ANDRH travaille dans une entreprise employant plus de 250 salariés.

Du côté du réel
Pragmatique, se plaçant « du côté du réel plutôt que de l’institutionnel », Jean-Paul Charlez cite deux pratiques adoptées par des groupes locaux de l’association et qui ont fait leurs preuves. D’abord, l’opération “Adopte un jeune”, du groupe Côte d’azur, qui consiste à faire parrainer chaque jeune adhérent par un ­senior, auprès de qui il a « ligne ouverte ». Ensuite, l’intranet du groupe Lorraine, grâce auquel chaque adhérent peut solliciter les autres pour poser la question qui le préoccupe.

Une bourse à l’emploi avec l’Apec. Autre initiative en cours de réalisation : une bourse à l’emploi avec l’Apec ; les deux associations sont en train de passer un accord. Actuellement, le marché de l’emploi n’est pas très favorable aux cadres RH, qui sont 69 à candidater pour une offre d’emploi ; par ailleurs, le nombre d’offres diffusées par l’Apec progresse régulièrement depuis quelques mois.

Jean-Paul Charlez souhaiterait aussi « faciliter l’apprentissage du métier pour les jeunes » et ouvrir davantage l’association à l’international. Pour cela, il devrait pouvoir compter sur Izy Béhar, administrateur de l’ANDRH et président de l’European Association for People Management.

Cinq unions
Il s’agit également, pour le nouveau président et le bureau* de se rapprocher des adhérents, réunis en 80 groupes locaux. « C’est de là que l’association tire sa légitimité et celle des positions qu’elle défend dans le débat public », analyse Jean-Paul Charlez. Dans ce but, il souhaite fédérer les groupes locaux dans cinq unions dont les présidents pourraient participer au bureau national. L’idée devait, lui, être soumise à sa réunion du 1er février.

Le relais entre la base et le sommet serait par ailleurs toujours assuré par le tour de France de l’association, qui fait étape dans trois villes et remonte les propositions des groupes locaux. Cette année, les thèmes de travail sont : la transformation du travail et son incidence sur les relations entre l’entreprise et les collaborateurs ; la RSE, enjeu de performance et d’attractivité ? ; l’évolution du management dans ce contexte de transformation. Les propositions sont ensuite présentées lors des assises nationales, qui se tiennent en juin à Paris.

En 2015, exceptionnellement, les assises auront lieu en même temps que le congrès international francophone des ressources humaines, pour la première fois organisé en France, les 25 et 26 juin à Paris-La Défense ; le thème abordé sera la transformation du travail.
Enfin, Jean-Paul Charlez souhaite que l’ANDRH soit davantage présente dans les grands débats sociaux et sociétaux. L’association devrait donc désormais s’exprimer plus systématiquement sur les questions d’actualité (lire l’encadré ci-dessous).

Le bureau de l'ANDRH : Laurence Breton-Kueny (groupe Afnor) ; Sylvie Brunet (professeure à la Kedge Business School) ; Philippe Canonne ; Brigitte Dumont (groupe Orange) ; Nathalie Ferrucci (Côte d’azur habitat) ; Hubert Mongon (McDonald’s) ; Bénédicte Ravache (groupe Julhiet) ; Benoît Serre (Macif).

 

L'ANDRH et les dossiers sociaux

CV anonyme
La généralisation du CV anonyme est une « mauvaise idée », selon Jean-Paul Charlez, qui la trouve « insultante » pour les DRH. Message du nouveau président à l’ancien, Jean-Christophe Sciberras, qui préside un groupe de dialogue sur les discriminations, étant chargé de donner un avis sur cette question notamment.

IRP
Conformément à ce que défend l’ANDRH depuis longtemps, Jean-Paul Charlez soutient la création d’une instance unique de représentation des salariés dans les entreprises, que le patronat n’est pas parvenu à faire accepter aux syndicats : « Il faudrait maintenant que la loi entérine la possibilité de mettre en place des IRP par accord d’entreprise, quitte à l’assortir d’une phase de test ; on ne peut pas continuer d’avoir un tel mille-feuilles. »
Il est, en revanche, beaucoup plus critique sur l’idée, que le patronat est presque parvenu à vendre au gouvernement, selon laquelle le déplacement des seuils créerait des emplois. « Je suis toujours sceptique vis-à-vis de ce genre d’idée, explique-t-il. Peut-on vraiment croire qu’un patron avec l’esprit d’entreprise bloque l’expansion de sa société à 49 salariés pour ne pas être soumis à de nouvelles obligations ? »

Compte personnel de prévention de la pénibilité
Pour le président de l’ANDRH, « il est légitime que les dernières années professionnelles des salariés soient aménagées, mais cette intention généreuse débouche sur une usine à gaz, qui laisse nos adhérents perplexes ».

Compte personnel de formation
« Dans la pratique, je trouve que l’articulation entre le DIF et le CPF est complexe », constate Jean-Paul Charlez.

Travail dominical
Un des points de la loi Macron qui fait le plus débat porte sur le nombre de dimanches (cinq ou douze) ouvrables, laissé à l’appréciation des maires. « Cinq ou douze, ce n’est pas le sujet, estime Jean-Paul Charlez. Le problème est de laisser cette responsabilité au maire, au risque de tomber dans des considérations politiques, comme on le voit à Paris. » Le sujet devrait, selon lui, être traité au plus près de l’entreprise : « Chaque fois qu’on s’en éloigne, on perd le bon sens. »

Auteur

  • Emmanuel Franck