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« Il nous faut être au service des employeurs »

Entreprise & Carrières | Fonction RH | publié le : 02.02.2015 | Nicolas Lagrange

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DRH du ministère de la Défense depuis juillet 2012, il a officiellement autorité fonctionnelle, depuis le décret du 20 décembre 2014, sur les directeurs et chefs de service gestionnaires de personnels de l’ensemble des armées, directions et services. Il est l’animateur unique de la fonction RH.

En quoi le nouveau décret relatif à la GRH au sein de la Défense modifie-t-il le positionnement de la fonction RH ?
 
La DRH du ministère de la Défense (DRH-MD) avait, jusque-là, des responsabilités surtout juridiques. Elle a désormais la main sur l’élaboration de la politique RH et sur le pilotage, notamment, des effectifs et de la masse salariale, deux missions essentielles dans le cadre de la loi de programmation militaire.
Aujourd’hui, la masse salariale est gérée étroitement par la DRH-MD, au sein de laquelle la fonction de contrôle de gestion a été renforcée, ainsi que par la direction des affaires financières. Mais nous ne devons pas être dans la tyrannie des chiffres. Il nous faut être au service des employeurs et veiller au développement de la motivation, des parcours professionnels et du bien-être au travail des personnels.
En 2014, nous avons expérimenté le mode projet avec les DRH des armées, en particulier sur l’avancement, ce qui a produit de bons résultats. En juin, nous avons finalisé le plan stratégique de la fonction RH, qui vise à adopter une posture de service client auprès des personnels et des services employeurs, à commencer par les armées.
 
Comment avancent les travaux de remplacement du système de paie Louvois, qui génère toujours des erreurs de soldes ?
 
Dans le cadre du nouvel appel d’offres, chacun des trois consortiums de prestataires a livré, en décembre dernier, deux prototypes. Le choix sera effectué au printemps 2015, pour des tests à blanc courant 2016. Nous prendrons le temps nécessaire pour éviter les dysfonctionnements survenus avec Louvois. À partir de 2017, nous débrancherons progressivement l’ancien système de solde des militaires. Ensuite, nous pourrons mener à bien la fusion des cinq SIRH actuels de la Défense pour créer un SIRH unique, “Source”, pour les populations civiles et militaires.
Pour gérer au mieux la période transitoire, nous avons remis des personnels RH dans les unités territoriales et sensiblement renforcé les équipes du centre de paie de Nancy. Nous avons également élaboré un plan de définition des compétences, déployé cette année avec des formations correspondantes, ce qui doit permettre d’homogénéiser le traitement des soldes sur tout le territoire.
 
Quel peut être l’avenir des « groupes utilisateurs », créés pour faire face aux bugs de Louvois ? Comment appréhendez-vous le futur droit d’association des militaires ?

Le groupe utilisateurs de Louvois, qui comprend des membres du Conseil supérieur de la fonction militaire (CSFM), l’instance du dialogue social militaire, et des représentants des familles de militaires, continue de se réunir tous les mois. Il produit des comptes rendus accessibles à tous, permet de rétablir la confiance et de trouver ensemble des solutions corrigeant les dysfonctionnements. Je souhaite systématiser cette nouvelle approche. Elle nous oblige à remettre en cause les pratiques administratives pour rechercher l’efficacité. Un autre groupe utilisateurs a d’ores et déjà abouti à la réécriture de l’ensemble des procédures de gestion des 62 000 personnels civils, le “Qui fait quoi”. Pour améliorer le service aux retraités et futurs retraités, nous envisageons un groupe utilisateurs avec des représentants des pensionnés.
Quant au futur droit d’association des militaires, il doit faire l’objet d’un projet de loi, sur la base des conclusions du rapport Pêcheur remis au président de la République. Les modalités pratiques ne sont pas arrêtées, mais, dès lors que des associations seront créées, leurs représentants deviendront des interlocuteurs réguliers pour l’administration et le commandement.

Auteur

  • Nicolas Lagrange