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«5000 achats de formation chaque jour sur l’appli CPF » (Laurent Durain, CDC)

Formation | publié le : 10.09.2020 | Benjamin d'Alguerre

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«Désormais ouverte aux abondements de Pôle emploi et des entreprises, l’application moncompteformation connaît un regain d’activité depuis la fin du confinement. Prochaines étapes : l’affichage du CEC et l’ouverture aux branches et aux Régions dans les prochains mois», explique Laurent Durain, directeur de la formation professionnelle à la Caisse des dépôts et consignations.

 

Quelle est aujourd'hui l’audience de l’application CPF ?

Laurent Durain: L’item que nous regardons en premier lieu pour mesurer cette audience, c’est le nombre d’inscriptions en formation. De janvier jusqu’à la mi-mars, avant le confinement, nous en étions à 3.000 par jour. Pendant le confinement, le flux a évidemment baissé à 1.000 inscriptions quotidiennes, mais depuis la reprise le nombre repart à la hausse : environ 5.000 inscriptions par jour ! Nous parlons ici de personnes qui ont validé l’ensemble de la chaîne d’achat de formation. Quant aux simples consultations, elles se montent à 50.000 par jour en semaine et à environ 1.000-1.500 le week-end. Aujourd’hui, nous comptons 560.000 dossiers acceptés en stock. L’application a été téléchargée 1,3 million de fois et 2,5 millions de profils sont activés. Les visites uniques approchent la dizaine de millions. Les Français ont bien compris l’intérêt du CPF et s’approprient de plus en plus l’outil permettant d’y accéder sans intermédiaire. Nous avons récemment passé deux étapes : le 8 juillet, l’application a été ouverte aux services de Pôle emploi pour leur permettre d’abonder les comptes. Nous comptons déjà 10.000 abondements à ce titre. La semaine dernière, c’était au tour des entreprises de se brancher sur notre base de données pour pouvoir abonder. Les prochaines étapes de la feuille de route établie avec le ministère du Travail seront l’affichage du compte d’engagement citoyen (CEC) sur l’appli, ce qui devrait être réalisé d’ici quelques mois, et l’accès de notre base de données aux Régions et aux branches afin qu’elles aussi puissent prioriser leurs abondements en fonction des besoins des bassins d’emploi et des politiques de branches.

100.000 formations supplémentaires doivent être proposées sur l’appli dans le cadre du plan de relance de l’emploi. Seront-elles accompagnées d’abondements particuliers au CPF des candidats ?

L.D: Non. Ces 100.000 formations n’ont pas vocation à être financées par le CPF des usagers. Elles le sont par l’État, par le biais du plan d’investissement dans les compétences (PIC) et sont mises en œuvre par Pôle emploi ou les Régions dans le cadre d’appels à projets ou de délégations de crédits. Le Gouvernement souhaite néanmoins profiter de la visibilité acquise par l’application moncompteformation depuis sa mise en ligne pour mettre en avant les formations vers lesquelles il souhaite orienter les jeunes. Concrètement, un utilisateur de l’appli qui s’y connecte pourra visualiser ces formations financées par l’État. Elles seront intégrées à Moncompteformation.gouv.fr et seront disponibles avant la fin de l’année.

Un projet de loi déposé par la députée LR Valérie Bazin-Malgras propose que les CPF des actifs seniors puissent devenir fongibles en direction des plus jeunes afin d’accorder à ces derniers davantage de droits dont ils auraient plus besoin. Qu’en pensez-vous ?

L.D: Le CPF a été conçu dans une logique d’employabilité, ce qui explique qu’il disparaisse dès la retraite et que seules les certifications et qualifications reconnues par France Compétences y soient éligibles. Je pense aussi qu’on se trompe en imaginant que les actifs seniors n’ont pas besoin de formation. Au contraire : l’employabilité des seniors est un sujet placé au cœur des politiques de l’emploi. D’ailleurs, les seniors utilisent aussi leur CPF : 8% des utilisateurs ont plus de 55 ans et 11% s’inscrivent dans la tranche 50-54 ans. C’est évidemment moins que dans les catégories d’actifs plus jeunes (19% dans les 20-29 ans, 34% chez les 30-39 ans et 27% pour les 40-49 ans), mais cela prouve que les actifs les plus âgés ne négligent pas le développement de leurs compétences.

Propos recueillis par Benjamin d'Alguerre

Auteur

  • Benjamin d'Alguerre