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Yves Struillou démissionne de la Direction générale du travail

Actualités | publié le : 14.09.2020 | Benjamin d'Alguerre

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C’est acté. Yves Struillou, directeur général du Travail depuis 2014, a officiellement remis sa démission vendredi 11 septembre à Élisabeth Borne, sa ministre de tutelle, qui l’a acceptée comme l’ont révélé nos confrères du Monde. La raison : les suites de l’affaire Anthony Smith, cet inspecteur du Travail en poste dans le département de la Marne qui s’était vu sanctionné par son administration (dont la ministre de tutelle était alors Muriel Pénicaud) après avoir exigé d’une association employeuse d’aides à domicile qu’elle mette masques et autres équipements de protection individuelle à disposition de ses salariés au mépris des consignes plus coulantes édictées par l’administration du Travail. Muté en Seine-et-Marne à titre de sanction, Anthony Smith a vu cette mutation adoucie par la justice mercredi 9 septembre et transposée à Bar-le-Duc, dans la Meuse, à proximité de son domicile.

Ce sont les reproches adressés par Élisabeth Borne à la qualité d'un dossier Smith « ni fait ni à faire » qui ont entraîné la démission de ce DGT qui avait jusqu’à présent servi sous quatre ministres du Travail : Michel Sapin, François Rebsamen, Myriam El Khomri et Muriel Pénicaud. « Nous sommes surpris de sa décision et déçus de le voir quitter les instances dans lesquelles il siégeait en tant que directeur du Travail » juge Gilles Lécuelle, membre de la Commission nationale de la négociation collective, de l'emploi et de la formation professionnelle (CNNCEFP) et secrétaire national de la CFE-CGC chargé du dialogue social qui décrit « un DGT qui savait entendre les positions syndicales ». Vieux routard du dialogue social, Yves Struillou avait parfois su déminer quelques dossiers sensibles, notamment sur le contenu des ordonnances Travail en 2017.

Reste que sa démission risque d’entraîner un certain temps de latence dans le fonctionnement des instances en charge du Travail et de la Négociation collective, notamment dans le cadre de l’extension des accords qui avait déjà pris du retard à cause de la crise Covid, même si ce temps a été rattrapé depuis. « L’administration du Travail, ce sont des équipes bien formées. Ce retard ne devrait pas se remarquer », rassure Gilles Lécuelle.

Auteur

  • Benjamin d'Alguerre