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« La proposition de texte de loi sur la santé au travail devrait être plus claire » (SEST)

Santé au travail | publié le : 22.01.2021 | Lys Zohin

Hervé Rabec, directeur général du SEST (Service aux entreprises pour la santé au travail), souhaite que la transposition législative de l'ANI sur la santé au travail prévoit une plus grande sensibilisation à la prévention primaire, notamment dans le monde de l'éducation et de l'enseignement.

Etes-vous satisfait de la prochaine transposition de l'Ani sur la santé au travail dans la loi ?
Hervé Rabec :
Compte tenu des tensions dans les discussions entre partenaires sociaux, je suis satisfait qu'un tel accord ait pu intervenir à la mi-décembre ! Cela dit, certains ont interprété l'accent mis sur la prévention primaire comme une avancée majeure, or c'est ce que nous faisons depuis des années ! Enfin, au-delà des bonnes intentions inscrites dans l'Ani, la proposition de texte de loi devrait être plus claire, afin de rendre réellement opérationnelles les différentes dispositions.

Pouvez-vous donner des exemples ?
H. R. :
 La prévention primaire doit se faire très en amont, avec des initiatives faciles à prendre et qui ne coûtent rien. Ainsi, pourquoi ne pas former les jeunes – qu'ils soient en école d'ingénieurs ou en apprentissage boulanger – aux bons réflexes de prévention, pour eux et pour les équipes qu'ils pourront diriger dans leur carrière ? Pourquoi ne pas introduire, dans les bac pro ou ailleurs, des cours de sensibilisation à l'ergonomie et la bonne position face à un écran ? Et pourquoi ne pas inclure dans les cursus de management, au sein des écoles de commerce, des cours sur ce qu'est un manager attentionné ? Plus on tarde dans la sensibilisation à la prévention, plus on perd en efficacité le moment voulu. Or, rien de tout cela ne figure dans le projet de loi. Par ailleurs, concernant la passerelle entre médecins de ville qui deviendraient correspondants de la médecine du travail, pourquoi ne pas proposer aux internes qui se destinent à être généralistes de passer une semaine dans nos services, afin de s'informer sur ce que nous proposons et ce qu'est une visite de pré-reprise, après un congé maladie, ou les efforts à envisager pour un maintien dans l'emploi ? Pour l'heure, les débats sur la formation des médecins de ville concernent surtout les pathologies professionnelles à reconnaître.

Le passeport Santé prévu par l'ANI constitue-t-il une avancée ?
H. R. :
C'est une bonne chose. Mais si tous les services concernés avaient une plateforme commune qui permettrait l'inter-opérationnalité des différents logiciels, dans les différents services, cela serait beaucoup mieux. Nous n'étions pas d'accord avec toutes les préconisations du rapport rendu par la députée Charlotte Parmentier-Lecocq en 2018, notamment sur ce qui a été perçu comme une nationalisation des services de santé au travail, mais nous reconnaissons à ce rapport d’avoir bousculé la profession et d’avoir utilement fait avancer le débat.

Auteur

  • Lys Zohin