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Des rendez-vous territoriaux pour accompagner la réforme de la santé au travail

Santé au travail | publié le : 28.09.2020 | Gilmar Sequeira Martins

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Crédit photo pict rider - stock.adobe.com

La réforme de la santé au travail se fera-t-elle sans la contribution des représentants des services de santé au travail inter-entreprises (SSTI) ? Pour avoir une vision plus claire de la situation, les organisateurs de la deuxième édition des tables rondes organisées le 24 septembre par Presanse, l’association représentant les 235 SSTI actuellement actifs sur le territoire, ont invité à leurs débats Cendra Motin, députée LRM et co-auteure avec Charlotte Lecocq et Carole Grandjean, d’une résolution sur la santé au travail adoptée en juin par l’Assemblée nationale.

Interrogée sur la réforme de la santé au travail, qui fait à la fois l’objet d’une concertation avec les partenaires sociaux et les acteurs spécialisés comme l’Anact, les Carsat ou encore l’INRS et d’une proposition de loi qui devrait être votée à la fin de l’année ou début 2021, la députée LRM a de nouveau fait état « du besoin d’aller plus loin dans la façon dont les entreprises peuvent prendre soin de la santé des salariés ».

Elle a appuyé ses propos sur un sondage qui révèle que 70% des Français font confiance aux entreprises pour traiter la question de la santé au travail : « Il y a un capital confiance, a-t-elle souligné. Il faut renforcer le dispositif. » Un impératif d’autant plus pressant que la démographie va inexorablement augmenter l’âge moyen de la population active. Les salariés doivent donc « vieillir mieux au travail » et « travailler dans de bonnes conditions » a souligné Cendra Motin, qui a rappelé la grande ambition de la réforme en cours :  « La santé au travail doit changer avec l’évolution des conditions de travail. »

Dressant un tableau de la situation actuelle, elle a déploré que certains acteurs du système de santé au travail en soient encore à refaire le travail effectué par d’autres, prenant l’exemple des fiches de l’INRS qui sont retravaillées par d’autres acteurs. L’un des objectifs clefs de la réforme est donc de simplifier le dispositif afin « que le chef d’entreprise trouve à un seul endroit tous les professionnels dont il a besoin » mais aussi de « rationaliser ou en tout cas d'harmoniser » à travers une « offre socle » qui pourrait être étoffée avec des services complémentaires : « Nous souhaitons un tarif homogène et une offre complémentaire. » Cendra Motin a aussi rappelé qu'il fallait lutter contre la désinsertion professionnelle et qu’il était nécessaire dans ce but d’augmenter « la synergie et le dialogue » avec les médecins de ville.

Maurice Plaisant, président du SSTI de Corse du Sud, a rappelé la volonté des SSTI d’être « forces de proposition » et il a émis une critique sur l’état actuel des échanges, regrettant que « le dialogue avec les auteurs du rapport [sur la réforme de la santé au travail] ne soit pas très développé ». N’hésitant pas à parler de « pierre d’achoppement », il s’est étonné du calendrier et de la méthode de mise en œuvre, voulant en particulier vérifier si les auditions des parties prenantes se faisaient « à partir d’une proposition de loi déjà rédigée ». Se voulant rassurante, Cendra Motin a indiqué qu’ « aujourd’hui, il n’y a pas de texte écrit » et que les auteurs du rapport ne voulaient ni « pirater » ni « parasiter » les concertations en cours. Elle a ajouté travailler actuellement à la construction de rendez-vous territoriaux « où les acteurs pourront s’exprimer ».
 

Auteur

  • Gilmar Sequeira Martins