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Absentéisme : le cap des 6 % franchi en 2021

Santé au travail | publié le : 19.09.2022 | Gilmar Sequeira Martins

Absentéisme

L’absentéisme progresse encore et toujours. Les derniers chiffres publiés dans le 14e baromètre du cabinet Ayming ne laissent planer aucun doute sur l’évolution de la tendance. Alors que taux d’absentéisme se situait à 4,55 % en 2015, il a progressé d’un point en quatre ans, pour s’établir à 5,54 % en 2019. La progression s’est accélérée puisque deux ans plus tard, en 2021, il a franchi un nouveau cap avec 6,19 %, soit en moyenne 22,6 jours par an et par salarié. Plus du tiers des salariés (37 %) est absent au moins une fois sur l’année. Selon les auteurs du baromètre, 2021 installe l’absentéisme comme une "tendance structurelle" appelant une "réponse adaptée et à long terme". Parmi les données les plus préoccupantes figure l’augmentation des arrêts de longue durée. Lui aussi connaît une hausse notable, passant de 2,82 % en 2019 à 3,14 % en 2021. Le baromètre souligne que près de la moitié (45 %) de ces arrêts ont une cause professionnelle (accident du travail, maladies professionnelles, burn-out…) et relève aussi une "augmentation sensible" des épuisements professionnels.

Quelles relations les salariés établissent-ils entre leur activité professionnelle et leur santé ? Près de la moitié d'entre eux estiment que celle-ci a un impact. Il est estimé positif par un cinquième d’entre eux (19 %) et négatif par plus d’un tiers (36 %). Le baromètre signale que cette dernière fraction de salariés se déclare en plus mauvaise santé et connaît le plus fort taux d’absentéisme. Les analyses accompagnant le baromètre précisent que ces chiffres "confirme[nt] la corrélation entre la santé, l’engagement et l’absence au travail" et "témoigne[nt] d’un véritable changement quant au rapport au travail". Selon le baromètre, un salarié sur quatre a "modifié ses critères d’engagement". Le classement s’établirait désormais comme suit : en tête la rémunération et les avantages, puis l’équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle, enfin l’autonomie. Alors qu’elles figuraient parmi les trois premiers critères en 2019, les conditions et les relations de travail sont reléguées à la quatrième et cinquième position.

Le baromètre fournit aussi des données sur l’engagement. Ainsi, en 2022, 90 % des salariés se "considèrent" comme "engagés", voire pour un tiers d’entre eux "très engagés". La corrélation des chiffres entre salariés engagés et absentéisme fait apparaître qu’un tiers seulement (34 %) d’entre eux se sont absentés en 2021 alors que c’est le cas pour plus de la moitié (55 %) de leurs homologues moins "engagés". Le baromètre en conclut que "plus un collaborateur est engagé, moins il est absent, et ce quel que soit son état de santé".

 

Auteur

  • Gilmar Sequeira Martins