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Un salarié sur deux a un emploi télétravaillable

Télétravail | publié le : 10.09.2020 | Lys Zohin

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Selon les études réalisées par Malakoff Humanis sur le télétravail (le baromètre annuel réalisé en novembre 2019, ainsi que des études flash réalisées en février, avril, mai et juin 2020), la crise sanitaire a révélé le potentiel du télétravail. Alors que certaines entreprises rechignaient à le mettre en place ou que seuls certains salariés en bénéficiaient (les cadres d'entreprises, à hauteur de 69%, le secteur des services, pour 45%, les managers, pour 44%, ainsi que, principalement, les salariés d’Île-de-France (41%) dont le temps de transport est élevé), le confinement a changé la donne. Au profil des télétravailleurs classiques est venu s’ajouter celui d’autres catégories de salariés moins enclines au télétravail, notamment les femmes (54%), les professions intermédiaires (35%), les salariés occupant une fonction administrative (19%), ainsi que ceux n’exerçant pas d’activité d'encadrement (75%). En fait, on s'aperçoit qu'un salarié sur deux a un emploi télétravaillable, conclut Malakoff Humanis.

Les enjeux sont multiples : le télétravail est à la fois vecteur de performance pour les entreprises, d'équilibre de vie pour les salariés, d'adaptation pour les managers et de mieux-être environnemental. Autant d'avantages qui ne peuvent être exploités qu'à certaines conditions, toutefois. Pour que les bénéfices dépassent toujours les risques (d'addiction au travail ou au contraire, de démotivation), l'accompagnement doit être de rigueur. Or les collaborateurs étaient 32%, en mai 2020, à considérer qu'ils manquaient d'accompagnement de la part de leur hiérarchie, même si les entreprises se sont adaptées, en offrant davantage d'échanges. Quant aux managers, s'ils estimaient que leur plus grande difficulté, au début du confinement, était la perception exacte de la charge de travail de leurs équipes (38%) suivie par la nécessité de motiver les troupes (37%), ce deuxième élément a vite pris le dessus : en mai 2020, 42% estimaient que maintenir la motivation était leur priorité numéro un, en juin ils étaient 32%.

En outre, les managers n'ont pas vu d'amélioration de leur propre accompagnement pendant la crise sanitaire. Ils étaient 31% à se dire accompagnés en novembre 2018, et 32% en juin 2020. Conséquence sans doute de leur vécu, 54% des managers se déclarent aujourd'hui favorables au télétravail, un pourcentage qui n'a pas changé par rapport à 2018. Par ailleurs, si les salariés sont, dans leur ensemble, satisfaits du télétravail (à 82%) et les entreprises également convaincues de ses bienfaits – entre autres, 51% des dirigeants qui proposent habituellement le télétravail estiment qu'il contribue en partie à faire baisser l’absentéisme au sein de l’entreprise, de même qu'il contribue à la responsabilisation de leurs salariés (pour 85% des dirigeants), et constitue un bon moyen de fidélisation (pour 41% d'entre eux) – encore faudra-t-il que les employeurs prennent en compte les nouvelles attentes générées par la généralisation du télétravail pendant la crise sanitaire. À cet égard, si les salariés souhaitaient effectuer 5,8 jours par mois de télétravail en novembre 2019, ils préconisent aujourd'hui 9,2 jours par mois. Le télétravail apparaît comme une solution pour orienter les modes de management vers davantage de confiance (pour 89% des salariés et 77% des dirigeants) et développer les politiques de QVT dans les entreprises (pour 87% des salariés et 75% des dirigeants). Les employeurs devront clairement en tenir compte.


 

Auteur

  • Lys Zohin