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Les syndicats doutent de la volonté du patronat d'aboutir à un accord télétravail

Télétravail | publié le : 10.11.2020 | Benjamin d'Alguerre

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À l’issue de la deuxième séance de négociations du 10 novembre, les syndicats doutent de la volonté du patronat d'aboutir à un accord national interprofessionnel sur le télétravail. Hubert Mongon, chef de file de la délégation des employeurs et négociateur Medef, a beau marteler que « l’objectif reste la signature d’un ANI le 23 novembre prochain », la parole patronale ne convainc pas. « Le patronat ne rejette pas la discussion, mais pratique le dialogue de sourds. Nous avons déjà perdu quatre mois à élaborer un diagnostic partagé et aujourd’hui, on se retrouve au même point », déplore Fabrice Angéi, le leader des négociateurs CGT.

La raison de cette tiédeur des trois organisations patronales à s’engager plus en avant reste leur refus de tout caractère « prescriptif et normatif » du futur accord. Si les syndicats sont unanimes à considérer qu’il s’agit là d’une condition sine qua non pour que l’accord final ait une valeur supérieure à celle d’un simple guide des bonnes pratiques, le patronat semble bien décidé à se contenter de l’existant (ANI de 2005, Loi Warsmann II de 2012, Ordonnances Travail de 2017) et surtout, à renvoyer les questions de télétravail à la seule négociation d’entreprise. D’autres requêtes, portées par la partie syndicale, comme l’identification conjointe des postes télétravaillables par les directions d’entreprises et les IRP, posent également problème aux représentants des employeurs. « C’est un point de divergence avec les syndicats. Le chef d’entreprise a besoin de qualifications et de compétences pour assurer sa mission de direction. Les identifier et choisir quels postes sont éligibles au télétravail doit rester sa prérogative en fonction des intérêts de l’entreprise », avance Hubert Mongon. Dans ces conditions, il paraît difficile d’imaginer une signature finale de la CFDT, très attachée à ce point de la négo. « Nous devons pouvoir identifier ces postes de manière fine, avec une cartographie pour permettre une discussion entre managers et salariés, et la porter ensuite à la connaissance des DS et IRP », insiste Catherine Pinchaut, la négociatrice cédétiste.

Le Medef s’est cependant engagé à fournir un nouveau texte ce jeudi 12 novembre aux organisations syndicales « à partir du canevas » de départ, soit les sept points de négociations identifiés en amont du début des débats. L’accompagnement des télétravailleurs et les moyens mis à leur disposition par l’entreprise constitueront, selon l’organisation patronale, un point sensible des discussions. Qui intégreront par ailleurs un « zoom spécifique » sur les cas de force majeur et le télétravail exceptionnel. Les représentants des salariés ont prévu de se rencontrer en intersyndicale avant la prochaine séance programmée le 17 novembre.

 

Auteur

  • Benjamin d'Alguerre