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Le télétravail source d’un "biais de proximité" ?

Télétravail | publié le : 04.11.2021 | Gilmar Sequeira Martins

Young spanish girl teleworking at home because of the restrictio

Young spanish girl teleworking at home because of the restrictions given by spanish government due to coronavirus COVID-19 sanitary crysis

Crédit photo Daniel - stock.adobe.com

Plus de flexibilité au risque de plus d’inégalité ? C’est le scénario que semble dessiner une récente étude LinkedIn menée auprès de cadres dirigeants français. Il en ressort qu’une très large majorité (83 %) des entreprises prévoient de rendre plus flexible l’organisation du travail. Une évolution qui suscite en parallèle une crainte : les salariés choisissant le télétravail ne sentiront-ils pas écartés des décisions relatives aux promotions et à l’évolution de carrière ? Un tiers des dirigeants (32 %) s’alarme de l’apparition d’un "biais de proximité" qui favoriserait les salariés les plus présents dans l’entreprise, au détriment de ceux travaillant à distance. Une appréhension qui semble corroborée par les salariés eux-mêmes. Il ressort d’une étude menée en France auprès d’un millier d’entre eux que la moitié (52 %) redoute que le temps de travail réalisé hors des locaux de l’entreprise freine leur progression du fait de la réduction de la durée des échanges présentiels avec leurs supérieurs.

Pour éviter ce "biais de proximité", la plupart des dirigeants (87 %) envisagent d’encourager les managers à faire preuve d’empathie et de confiance (33 %) et de les inciter à prendre conscience des biais fondés sur le lieu d’exercice de l’activité (32 %). Près de quatre sur dix (37 %) ont par ailleurs l’intention d’encourager les interactions sociales au début des réunions et presque autant (33 %) comptent établir de "nouvelles normes comportementales" afin d’aider les salariés à se sentir inclus, quel que soit leur lieu de travail. Près de neuf dirigeants d’entreprise sur dix (87 %) comptent aussi lancer des formations pour aider leurs collaborateurs à travailler efficacement dans des environnement de travail flexibles. Ils estiment que le succès de cette nouvelle configuration repose essentiellement sur la confiance (46 %), la communication (39 %), l’intégrité (39 %) et le leadership inclusif (35 %).

Plus globalement, plus d’un tiers des salariés (35 %) déplorent que le travail à distance demeure négativement perçu. Une évolution se fait pourtant jour. Parmi les annonces publiées en septembre sur LinkedIn, 6,3 % évoquent la possibilité du travail à distance, soit une proportion multipliée par plus de 12 par rapport à février 2020, juste avant le déclenchement de la crise sanitaire. Autre enseignement qui devrait attirer l’attention des entreprises : selon le baromètre de l’emploi de LinkedIn, une offre d’emploi mentionnant la possibilité de travail à distance a 19 % de chances de plus d’être consultée et reçoit 12 % de candidatures de plus que la moyenne des offres.

 

Auteur

  • Gilmar Sequeira Martins