logo Info-Social RH
Se connecter

Le portail des décideurs du social et des ressources humaines par

Liaisons sociales magazine Entreprise & Carrières
Newsletter

Magazines

Deutsche Bank propose un impôt sur le salaire des télétravailleurs

Télétravail | publié le : 12.11.2020 | Lys Zohin

Crédit photo

Deutsche Bank vient de publier un rapport dans lequel les économistes de la banque allemande proposent un impôt supplémentaire sur les salaires des télétravailleurs, à un taux de 5%. Leur argument ? L'argent économisé. Pour les télétravailleurs, sur les transports, la nourriture ou l'habillement. Pour les employeurs, sur les espaces de bureau. Ainsi, tous les employeurs qui n'offriraient plus, à l'issue de la crise sanitaire, d'espace de travail à leurs salariés seraient mis à contribution. De même, tous les collaborateurs qui choisissent, hors restrictions dues à la pandémie de coronavirus, de travailler de chez eux, même si leur employeur offre un bureau, paieraient ce nouvel impôt sur chaque jour télétravaillé. Les fonds récoltés de cette façon seraient redistribués aux salariés en bas de l'échelle, et à ceux qui ne peuvent pas, du fait de la nature de leur travail, pratiquer le télétravail, de même qu'à ceux dont l'emploi, en raison de la crise, risque d'être supprimé et qui doivent se reconvertir. La nouvelle taxe ne s'appliquerait pas aux revenus des indépendants ni aux salaires les plus bas, ni sur les salaires de ceux qui sont en télétravail pour raisons médicales. « Notre système économique n'est pas conçu pour que certains s'extraient de la société. Ainsi, ceux qui peuvent travailler de chez eux ne participent pas au financement des transports publics, pas plus qu'ils permettent à des restaurateurs dans les zones de bureaux de vivre », déclare Luke Templeman, l'un des auteurs du rapport de Deutsche Bank. La banque a même fait des calculs et conclu qu'aux États-Unis, la contribution sur le télétravail rapporterait l'équivalent de plus de 40 milliards d'euros, et 20 milliards d'euros en Allemagne. Au Royaume-Uni, les fonds récoltés s'élèveraient à 6,9 milliards de livres par an (7,7 milliards d'euros), ce qui permettrait d'offrir 2.000 livres (près de 2.300 euros) par an aux salariés les plus mal payés. Le rapport, dont le but, selon Deutsche Bank, est de lancer le débat, a déjà suscité nombre de réactions... « Si beaucoup refusent l'idée d'une nouvelle contribution, certains considèrent cependant que c'est une piste intéressante pour les gouvernements afin de remédier aux maux induits par la pandémie », précise ainsi Luke Templeman.

Auteur

  • Lys Zohin