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43 % des salariés français voient leur état psychologique se dégrader

ISRH | Télétravail | publié le : 14.04.2020 | Nathalie Tran

Crédit photo

Trois quarts des salariés actuellement en télétravail ne le pratiquaient pas avant la pandémie, selon l’étude Worklife 2020 spéciale Covid-19, menée par ITWP auprès d’environ 5000 répondants issus de sept pays (France, Royaume-Uni, Allemagne, Espagne, Italie, États-Unis et Australie) et de trois continents. Néanmoins, si le travail à distance constitue une nouveauté pour la plupart d’entre eux, leur adaptation à la situation a été rapide. Ils se décrivent comme autodisciplinés et se déclarent majoritairement à l’aise avec les échanges à distance, que ce soit avec les membres de leur équipe ou leur manager. Leur productivité n’en est pas moins impactée : 41 % des salariés interrogés indiquent avoir une charge de travail plus faible qu’en temps normal et 39 % estiment que leur productivité, en définitive, a diminué. Ce chiffre s’élève même à 48 % en France. Le sentiment d’être moins efficace découle de la charge de travail en baisse mais aussi des distractions causées par les autres membres de la famille, les corvées ménagères ou encore l’anxiété à propos du coronavirus.

Plus préoccupant pour les entreprises, les personnes interrogées se sentent moins engagées qu’avant la crise (- 11 points). Cette démotivation s’exprime particulièrement en France : seulement 50 % des salariés se disent motivés actuellement (contre 58 % en moyenne dans le monde), ce qui représente une baisse de 16 points par rapport à septembre 2019, date de la dernière enquête Worklife. En cause, notamment, la dilution de l’équipe. En effet, 31 % des sondés ont moins le sentiment d’appartenir à un collectif de travail, 38 % se sentent même seuls, voire isolés, et 21 % indiquent ne pas être à l’aise avec l’idée d’une longue période dans ces conditions. Une situation qui n’est pas sans impact sur la santé des salariés : 37 % d’entre eux estiment que leur état psychologique est moins bon qu’en temps normal et 34 % disent de même pour leur état physique. Les Français – au même titre que les Espagnols -– sont les plus nombreux à voir leur état de forme physique (44 % contre 37 % en moyenne) et psychologique (43 % contre 35 %) se détériorer. Ce sont aussi ceux qui considèrent en plus grande proportion que la moyenne que leur environnement à domicile est moins bon qu’au travail (28 % contre 16 %) et qui éprouvent le plus un sentiment d’isolement (50 % contre 38 %).

Auteur

  • Nathalie Tran