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Plus de la moitié des salariés s'estiment en situation de vulnérabilité

RPS et TMS | publié le : 26.11.2020 | Lys Zohin

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Selon les résultats d'une étude Malakoff Humanis, plus de la moitié des salariés indiquent vivre actuellement au moins une situation de fragilité et 70% des dirigeants déclarent compter des salariés en situation de fragilité (93% pour les entreprises de plus de dix salariés). Réalisée auprès de 2.010 salariés et 405 dirigeants, du 6 au 26 septembre 2020, l'étude met en lumière les effets de la pandémie, qui a amplifié le phénomène de vulnérabilité. Ainsi, davantage de salariés (42% contre 37% en 2018) sont concernés par des fragilités d'ordre personnel. Par ailleurs, plus de 60% des salariés indiquent que les fragilités ont des répercussions sur leur travail (+ 7 points par rapport à 2018), dont une baisse de l'engagement (pour 45% des salariés en situation de fragilité d'origine personnelle, et 50% des salariés en situation de fragilité d'origine professionnelle), et une baisse de la productivité (pour 48% des salariés en situation de fragilité d'origine personnelle et 50% en situation de fragilité d'origine professionnelle). Parmi les fragilités d'ordre personnel, on trouve les maladies graves (concernant 9% des salariés), le fait d'être salarié aidant (9%), les grandes difficultés financières (9%) et les souffrances psychologiques (8%). Les fragilités d'origine professionnelle se traduisent par l'épuisement (13%), la perte de sens (11%), l'usure liée à des conditions de travail éprouvantes (11%) et une difficulté à concilier vie privée et professionnelle (9%). « Les entreprises sont considérées comme de plus en plus légitimes pour intervenir sur les situations de vulnérabilité, note Malakoff Humanis, qu'elles soient d'origine professionnelle (selon 89% des dirigeants et 78% des salariés) ou d'origine personnelle (65% et 51%, des chiffres en hausse de 10 points par rapport à 2018). » Cependant, alors que 76% des dirigeants déclarent mettre en place des actions pour prévenir ou accompagner les situations de vulnérabilité, seuls 48% des salariés indiquent que leur entreprise le fait... Les écarts de perception les plus manifestes concernent la prévention des risques professionnels, des accidents du travail, de la pénibilité et des risques psychosociaux (55% des dirigeants déclarent le faire, et seuls 29% des salariés disent que leur entreprise le fait). Viennent ensuite les aménagements du temps ou des conditions de travail (47% contre 20%), ainsi que les actions de communication sur les aides proposées par l'entreprise (41% contre 15%). Enfin, plus de la moitié des salariés et des dirigeants considèrent que les situations de fragilité des salariés vont se multiplier dans les prochaines années. Face à ce constat, 56% des dirigeants indiquent qu'ils vont y accorder plus d'attention. Les salariés restent cependant prudents : la moitié d'entre eux pensent que rien ne va changer et 13% craignent que les dirigeants, se concentrant avant tout sur la survie économique de l'entreprise, y accordent moins d'attention.

Auteur

  • Lys Zohin