Un net regain de confiance en la retraite
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Il est rare de voir les Français porter un regard positif sur leur retraite. Ou tout au moins pas trop noir. Après quatre années marquées du sceau du pessimisme, l’Observatoire français des retraites enregistre un net regain de confiance de nos compatriotes. Ils sont ainsi 43 % à voir positivement leur niveau de vie futur, contre 30 % en 2014. Un rebond spectaculaire, certes, mais à interpréter avec prudence. Car les personnes ayant répondu au sondage ont été interrogées dans la foulée de la négociation du 16 octobre sur la réforme des régimes de retraite complémen­taire (voir notre dossier page 53). Une séance à l’issue de laquelle patronat et syndicats (CFDT, CGC, CFTC) annonçaient avoir sauvé les caisses Agirc et Arrco. Reste à savoir si l’embellie sera durable. En 2011, l’observatoire avait enregistré un pic de même ampleur. Sans lendemain

 

L’inquiétude diminue

Vivement la retraite ? Non, n’exagérons rien. Mais les Français se projettent avec moins d’angoisse dans l’après-carrière. 59 % se disent ainsi confiants dans leur « capacité à vivre de façon indépendante », leur santé et leur accès aux soins. Un taux en hausse de 15 points ! En matière de niveau de vie et de pension, la hausse est aussi notable (+ 13 points et + 9 points). Mais les craintes restent vives, en particulier pour les actifs en emploi.

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Un accord acceptable

Les partenaires sociaux signataires de l’accord du 30 octobre sur les régimes de retraite complémentaire peuvent souffler. Leur paraphe est approuvé par une majorité de salariés du privé (56 %). Mais gare au triomphalisme ! Ils ne sont que 7 % à juger le texte « tout à fait acceptable ». Un score très mince qui connaît des variations selon les profils. Ainsi, les employés (12 %) marquent fortement leur approbation, de même que les peu diplômés et les petits revenus. Sans doute parce que l’accord exclut les pensions modestes des mesures les plus douloureuses. Politiquement, ce sont les sympathisants du Front national et de l’extrême gauche (19 % tous deux) qui sont les plus enthousiastes.
À l’inverse, le texte est globalement considéré comme « tout à fait inacceptable » par 11 % des salariés du privé. Un taux qui monte à 26 % chez les partisans du Front de gauche et du Parti communiste. Et à 21 % chez les 45-59 ans, ceux qui, les premiers, prendront de plein fouet les réformes à venir.

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Épargne ? Oui, mais

Les difficultés financières des régimes de retraite pourraient inciter les Français à épargner davantage pour leurs vieux jours. Il n’en est rien : au fil des ans, la proportion d’individus affirmant mettre des sous de côté pour compléter leur pension future s’avère remarquablement stable. Actuellement, ils sont 50 % à le faire, et 31 % « régulièrement ». Notamment parmi les artisans, les commerçants et les professions intermédiaires.

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Des mesures soutenues…

Parmi les dispositions contenues dans l’accord interprofessionnel relatif aux caisses Agirc et Arrco, une seule s’avère particulièrement bien reçue par les salariés du privé. À savoir la décision d’exempter les retraités les plus modestes de l’obligation de travailler jusqu’à 63 ans pour toucher une pension complémentaire à taux plein. Une mesure de justice sociale qui fait la quasi-unanimité (86 %).
Les autres modifications, elles, génèrent davantage de débats. La mise en place d’un système de bonus-malus recueille une majorité d’opinions favorables, et le décalage de la date de revalorisation des pensions un soutien plus mitigé.

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… et d’autres pas

Les salariés du privé, en revanche, acceptent toujours aussi mal la perspective de devoir prolonger leur vie active pour toucher une retraite à taux plein. Plus de six sur dix jugent inacceptable le recul à 63 ans de l’âge plancher pour bénéficier de l’intégralité de leurs pensions Agirc et Arrco. Les femmes (66 %) y sont plus hostiles que les hommes (58 %), les 45-59 ans (72 %) plus que les 25-44 ans (59 %). Curieusement, les sympathisants Les Républicains (72 %) s’y avèrent aussi davantage opposés que ceux du Parti socialiste (64 %). Autres mesures mal perçues, l’augmentation du prix d’achat du point et la désindexation des pensions.

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Retraités, contribuez !

L’accord du 30 octobre exige très peu d’efforts des premiers intéressés, les retraités. Politiquement incorrect ? Pas certain. Une majorité de Français (57 %) considèrent que les pensionnés doivent aussi être mis à contribution. Pour peu qu’ils dépassent « un certain niveau de pension » (52 %). Un mécanisme réclamé d’abord par… les plus âgés ! Les 60 ans et plus sont 63 % à l’approuver, contre 59 % des 35-59 ans et 50 % des moins de 35 ans.
Reste à déterminer à partir de quel niveau de revenus il est pos­sible d’exiger desdits retraités une contribution financière. Les 52 % de Français qui se disent favorables à la mesure considèrent, en moyenne, qu’un effort est envisageable, en moyenne, à partir de 3 178 euros de pension par mois et par ménage.

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Les autres, oui. Pas moi

Sur le principe, les retraités eux-mêmes considèrent comme normal de « faire un effort financier » pour assurer l’avenir du système de retraite. Ils sont ainsi 63 % à approuver un tel principe, tout en l’assortissant (à 56 %) d’une condition de pension minimale. Solidaires, les aînés ? À voir. À titre personnel, ils ne sont plus que 39 % à se dire prêts à mettre la main à la poche. Les sympathisants de gauche y sont d’ailleurs davantage disposés (à 56 %) que ceux de droite (37 %). Sur le sujet, les réponses restent en outre très tranchées. Parmi les 60 % de rétifs, les deux tiers se déclarent « pas du tout » prêts à contribuer.

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Sondage réalisé au téléphone par Ipsos les 23 et 24 octobre 2015 auprès de 1 008 personnes représentatives de la population française âgée de 15 ans et plus.


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