Quand le coronavirus impacte le présentéisme au Japon

La crise du coronavirus fera sans doute une victime collatérale au Japon : la culture de l’hyperprésence au travail, considérée comme la clé de l’évolution professionnelle et relevant du simple « civisme ». Avant l’irruption du Covid-19, il n'était pas rare de voir des salariés venir travailler en étant malades, avec le masque sur le visage, ou être obligés de prendre des « vacances », à la demande de leur employeur, en utilisant leurs jours de congé payé obligatoires...

Même si le Japon est l’un des rares pays à n’avoir pas décidé de confiner la population, le présentéisme risque de souffrir sérieusement de la pandémie actuelle. Problème, les entreprises n’ont pas déployé le télétravail. Selon un rapport officiel de 2018, moins d’une sur cinq l’a mis en place, tandis qu’une étude privée met en lumière le fait que 90 % des salariés n’ont aucune expérience de l’activité à distance.

En outre, comme l’a indiqué à la presse le professeur Naohiro Yashiro, de l’université Showa à Tokyo, « les employeurs n’ont pas développé d’outils pour évaluer correctement les collaborateurs. Et ceux qui travaillent le plus longtemps sont les mieux notés ». Une situation qui cache une autre réalité : la maigre productivité des salariés nippons. Selon les données de 2018, c’est la plus faible de tous les pays du G7. Et le Japon occupe la dernière place depuis 1970...