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Les travailleurs de deuxième ligne davantage exposés à la précarité

Conditions de travail | publié le : 21.05.2021 | Benjamin d'Alguerre

Vendanges. © Pixel6TM

Vendanges. © Pixel6TM

Crédit photo © Pixel6TM

Particulièrement exposés aux risques de contamination, les 4,6 millions de salariés regroupés dans dix-sept métiers et identifiés par la mission Erhel - Moreau-Follenfant comme « travailleurs de deuxième ligne » sont également menacés de précarité comme le révèle une étude menée par la Dares et le Centre d’étude de l’emploi et du travail (CEET) du Cnam. On savait ces salariés mal payés, mais l’enquête dévoile également des conditions de travail difficiles. Ils sont ainsi bien plus souvent en intérim (7,2%) en CDD (10,1%) ou à temps partiel (26%) que les autres salariés du privé. Et 19% travaillent plus de dix dimanches par an. Côté rémunération, ils sont en moyenne payés 30% de moins que les autres salariés du secteur privé. Cet écart se creuse avec l’âge : il est de 17% pour les 25-29 ans contre 37% pour les 55-59 ans. Les femmes travaillent majoritairement dans les métiers où les salaires sont les plus faibles.

Ces travailleurs sont également plus souvent victimes d’accidents du travail. En moyenne deux fois plus, particulièrement dans le bâtiment, la manutention ou l’agriculture. 61% des salariés de deuxième ligne sont exposés à au moins trois contraintes physiques (contre 36% des salariés du privé) parmi lesquelles la station debout permanente, l’obligation d’adopter des postures pénibles, les longs déplacements à pied, le port de charges lourdes, l’exposition aux secousses et vibrations. Leur exposition aux fumées, poussières et charges lourdes est en moyenne de presque vingt points supérieure à celle des autres salariés du privé (65% contre 43%). Même en dehors de cette période de pandémie due au Covid-19, ils sont 37% à être davantage exposés aux risques infectieux au quotidien.

Pour autant, le niveau de satisfaction de ces salariés est comparable à celui de l'ensemble des salariés du secteur privé. Il en est de même pour le sentiment de recevoir le respect et l'estime mérités au vu des efforts fournis ou le sentiment d'utilité sociale – même si ce dernier est particulièrement hétérogène en fonction des métiers. Reste à savoir comment les employeurs pourront revaloriser ces salariés après la séquence 2020-2021. À la suite de la mission Erhel – Moreau-Follenfant, les branches concernées ont été incitées à engager des négociations en ce sens pour discuter primes, revalorisations salariales, droits à la formation ou conditions de reconversions professionnelles…

Auteur

  • Benjamin d'Alguerre