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Les mauvaises conditions de travail hypothèquent l'entrée en bourse de Deliveroo au Royaume-Uni

Conditions de travail | publié le : 25.03.2021 | Lys Zohin

Deux des plus grands investisseurs britanniques, Aberdeen Standard et Aviva Investors, viennent de déclarer qu'ils ne souscriront pas à l'introduction en Bourse imminente de la plateforme de livraison de repas Deliveroo. La raison ? Les conditions de travail des livreurs. Ils sont indépendants et non salariés, et à ce titre, ne bénéficient pas d'une garantie de salaire minimum, ni de congés payés, ni de congés maladie, ni de contributions retraite. Un travail d'investigation mené par le Bureau of Investigative Journalism fait ressortir, après analyse de milliers de factures fournies par 300 indépendants par le biais des syndicats, que certains d'entre eux gagnent à peine plus de 2 euros de l'heure et qu'un tiers touche moins que le salaire minimum britannique, équivalant à 10,13 euros pour les plus de 25 ans. Deliveroo a indiqué, au contraire, que ses livreurs étaient payés plus de 11,62 euros de l'heure en moyenne… Andrew Millington, le patron de l'investissement dans les actions britanniques d'Aberdeen Standard, considère que les conditions de travail sont un « drapeau rouge ». « Nous ne sommes pas à l'aise avec la façon dont les livreurs sont traités, et nous estimons qu'elle n'est pas durable », a-t-il ajouté, soulignant la décision du fonds d'investissement de se défaire également d'actions de la marque de vêtements Boohoo, après des enquêtes parues dans la presse sur les conditions de travail des salariés chez les sous-traitants de l'enseigne. Aberdeen Standard se demande si Deliveroo réussira à attirer des investisseurs sur le long terme sans améliorer le statut et les conditions de travail des livreurs. Deliveroo espère entrer en Bourse en avril, dans le cadre d'une opération qui pourrait valoriser l'entreprise à plus de 10 miliards d'euros.

 

Auteur

  • Lys Zohin