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Les frontaliers français ne sont plus les bienvenus dans l'industrie automobile allemande

ISRH | Conditions de travail | publié le : 24.04.2020 | Pascale Braun

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Trois députés LRM – Christian Arend, Nicole Trisse et Hélène Zannier, tous trois élus dans des circonscriptions frontalières de l’Est mosellan – ont adressé un courrier à Muriel Pénicaud, ministre du Travail, pour s’inquiéter de la situation des travailleurs frontaliers employés dans l’industrie automobile allemande. Ainsi, l’équipementier ZF de Sarrebruck a repris progressivement le travail mi-avril, mais les 900 frontaliers français ne sont invités à reprendre leur travail qu’à compter du 4 mai prochain. De même, le constructeur Ford de Sarrelouis, qui emploie 5 000 salariés, dont 800 frontaliers, ne réintégrera ces derniers qu’après le 1er mai. Dans les deux cas, les employeurs se réfèrent aux communications de l’institut Robert Koch, organisme allemand de référence en matière de santé publique, qui présentait en mars dernier le Grand-Est comme la région la plus contaminée d’Europe par le Covid-19. 

Outre la fermeture quasi totale des frontières, nombre d’employeurs ont demandé aux frontaliers de rester chez eux, avec l’aval des syndicats. « Notre intention n’était nullement de discriminer nos collègues français, mais de prendre en compte des consignes de sécurité. Nous nous sommes demandé comment les salariés réagiraient en cas de contamination provenant d’un travailleur venu du Grand-Est », justifie Mario Kläs, secrétaire général du comité d’entreprise de ZF.

Les frontaliers est-mosellans ont pourtant vécu douloureusement ce qu’ils vivent comme une discrimination. « Ils ont l’impression d’être estampillés Covid-19 », regrette Bernard Hurreau, délégué du comité de défense des travailleurs frontaliers de la Moselle pour le secteur de Forbach. La structure, qui compte 12 000 adhérents parmi les 20 000 personnes employées en Sarre ou en Rhénanie-Palatinat, se trouve aux premières loges pour constater les ravages de la pandémie sur l’unité sarro-mosellane qui faisait naguère figure d’exemple. Les quelque 160 soignants français employés dans les hôpitaux sarrois ont pu continuer leur activité, mais au prix de larges détours et de multiples vexations. Selon plusieurs témoignages, des Françaises employées dans des maisons de retraite et dans des crèches sont tenues de prendre leur température ou de porter des masques et des gants, alors même que cela n’est pas demandé à leurs collègues allemandes. 

Auteur

  • Pascale Braun