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La robotisation induirait l'abus d'alcool et de drogue chez les salariés américains

Conditions de travail | publié le : 30.06.2022 | Lys Zohin

Industry 4.0 concept, Silhouette of automated production line wi

Selon une étude de l'université de Pittsburgh, si les salariés qui travaillent en compagnie de robots sont moins sujets aux troubles musculo-squelettiques liés à leurs tâches, ils ont tendance, en revanche, à consommer plus d'alcool et de drogue et à connaître davantage de problèmes d'ordre mental. L'étude, centrée sur les États-Unis, s'appuie sur les données fournies par les organisations concernant les accidents, les arrêts maladie et les décès. De manière générale, les accidents ont été réduits de 1,2 cas pour 100 salariés travaillant avec des robots. Mais les données montrent également une augmentation significative, de 37,8 cas pour 100 000 salariés, de décès liés à l'abus d'alcool et de drogue. En outre, dans les communautés où des salariés travaillent avec des robots, l'étude a constaté une légère augmentation du taux de suicide. "La recherche académique s'est focalisée en premier lieu sur la compréhension des effets de la robotisation sur le marché du travail et les salaires, en particulier dans l'industrie, explique Osea Giuntella, professeure d'économie et spécialiste du monde du travail à l'université de Pittsburgh. Mais nous avons voulu étudier les impacts sur la santé mentale. La concurrence avec les robots a tendance à accroître la pression sur les salariés, qui craignent de perdre leur emploi ou de devoir se reconvertir." Cette pression induirait ainsi des réactions comme l'abus d'alcool et de drogue, quand ce n'est pas le suicide... Enfin, les chercheurs de l'université de Pittsburgh ont comparé leurs données avec celles de l'Allemagne. Ce pays a également connu un recul (de 5 %) des accidents du travail et des risques physiques en cas de robotisation, mais n'affiche pas, en revanche, d'augmentation des problèmes d'ordre psychologique et mental. Les chercheurs américains attribuent cette différence à la protection (par des comités internes et des syndicats) des salariés offerte par le système allemand. "La robotisation dans l'industrie allemande n'a pas créé de disruption ni de pertes d'emploi massives, du fait d'une législation beaucoup plus protectrice", poursuit Osea Giuntella. Nos recherches suggèrent donc que lorsque les salariés sont moins protégés et que la concurrence est plus vive entre eux et les robots, alors cette situation est associée à une augmentation des risques sur la santé mentale."

Auteur

  • Lys Zohin