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Au Japon, des télétravailleurs paient les primes des collègues qui vont sur site

Conditions de travail | publié le : 01.07.2021 |

La société Disco Corporation, qui fabrique des semi-conducteurs au Japon, a développé une nouvelle approche du télétravail. Ceux qui choisissent de rester travailler à la maison versent un bonus à ceux qui prennent le risque d'aller au bureau ou dans les unités de production en prenant les transports en commun. L'entreprise nippone n'a fait que transposer durant la pandémie un système qu'elle avait mis en place depuis une dizaine d'années, selon lequel, grâce à une monnaie interne fictive, le «Will », les salariés se récompensent les uns les autres. Ainsi, les commerciaux « paient » les ouvriers pour produire les semi-conducteurs qu'ils vendent aux clients, tandis que, de leur côté, les ouvriers paient les ingénieurs qui font le design des produits qu'ils fabriquent... Et s'il reste, une fois les comptes effectués, des « Will » dans la caisse, ils sont distribués sous forme de bonus, en yen, aux salariés concernés à la fin de chaque trimestre. « Demander à certains de venir travailler pendant que d'autres restent chez eux n'est pas juste », a ainsi expliqué Kazuma Sekiya, le directeur général de Disco, dans la presse. La société, créée en 1937 par le grand-père de Kazuma Sekiya, et qui emploie 5.600 personnes, a introduit ce système en 2011, en s'inspirant des jeux vidéo. Depuis, elle met au crédit du « Will » nombre de vertus, de la baisse des heures supplémentaires à l'élimination des réunions inutiles. Cette approche semble avoir profité à l'entreprise. Disco a engrangé l'an dernier des revenus et des bénéfices records, et affiche des marges parmi les plus élevées dans son secteur. Et sa valeur en Bourse a triplé sur les cinq dernières années. Au début de la pandémie, environ 40 % des salariés ont décidé de ne pas télétravailler même s'ils le pouvaient, et ont ainsi bénéficié de bonus considérables, a indiqué le directeur général, sans plus de précision. Mais aujourd'hui, alors que 90 % des équipes sont de nouveau en présentiel, ces montants ont largement diminué.