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10,4 millions de salariés concernés par le travail en horaires atypiques

Conditions de travail | publié le : 31.10.2022 | Benjamin d'Alguerre

Travail de nuit, en soirée, le samedi, le dimanche… En 2021, 10,4 millions de salariés (45% du total) ont été confrontés au moins une fois par mois à l’obligation de travailler en horaire atypique, selon une étude publiée fin octobre 2022 par la Dares, la direction des statistiques du ministère du Travail.

Si le chiffre est un peu en baisse par rapport à la séquence pandémique de 2020, il s’inscrit cependant dans un trend à la hausse constaté depuis 2013. C’est surtout le travail du samedi qui fait gonfler les statistiques : 36% des salariés sont concernés. Le travail du soir concerne, lui, 25% des salariés, celui du dimanche 20% et le travail de nuit est une réalité pour 10% des salariés.

Si le travail en horaires atypiques est partagé par toutes les catégories socioprofessionnelles, force est de constater qu'il n'est pas le même pour tous. Ainsi les cadres travaillent surtout le soir (37%), alors que les employés sont plus concernés par le travail du samedi (45%) et du dimanche (27%). C’est particulièrement le cas des employés peu qualifiés (49 % le samedi et 32 % le dimanche contre respectivement 42 % et 23 % pour les employés qualifiés). Les ouvriers sont plus souvent amenés à travailler de nuit (15 % contre 10 % en moyenne), ainsi qu’en horaires habituels alternés.

Les femmes salariées travaillent légèrement moins en horaires atypiques que les hommes (44 % contre 46 %). Elles sont moins concernées par le travail le soir (23 % contre 28 %) et la nuit (6 % contre 14 %), mais davantage par celui du week-end (37 % le samedi et 21 % le dimanche contre 34 % et 19 %). « N’exerçant pas les mêmes professions que les hommes, elles ne subissent pas les mêmes contraintes d’horaires », explique Arthur Nguyen, auteur de l’enquête pour la Dares.

En termes sectoriels, c’est surtout l’hôtellerie-restauration qui pratique le travail en horaires atypiques. 65% des salariés les pratiquent. Dont 57% le samedi et 44% le dimanche et le soir. Suivent le commerce (59% des salariés y sont astreints, dont 52% le samedi, mais moins de 20% le dimanche et à peine 15% le soir), le transport et l’entreposage aussi concerné atypique (56%, mais 22% la nuit), l’agriculture (43% travaillent le samedi et un peu moins de 25% le dimanche) et la fonction publique dont les horaires atypiques (40% de travail le samedi, 30% le soir et 32% le dimanche) sont surtout portés par l’hospitalière et les divers services relevant de la sécurité comme la police ou les sapeurs-pompiers.

Les horaires atypiques nécessitent en moyenne une plus grande disponibilité des salariés. Ainsi, 32 % des salariés exerçant dans ce contexte travaillent au-delà de l’horaire prévu, « souvent » ou « tous les jours » (contre 20 % pour les autres salariés). C’est d’autant plus vrai pour les cadres, qu’ils travaillent en horaires atypiques (50 %) ou non (30 %). À l’inverse, les ouvriers sont moins concernés (21 % pour ceux travaillant en horaires atypiques, 13 % pour les autres), ainsi que les employés (25 % contre 14 %). En revanche, les salariés astreints aux horaires atypiques sont généralement considérés comme plus disponibles par leur hiérarchie : 57 % d’entre eux sont joints pour des besoins professionnels en dehors de leurs horaires de travail (contre 33 % pour ceux qui ont des horaires normaux). Cela reste vrai pour toutes les catégories socioprofessionnelles, mais les cadres et les professions intermédiaires sont davantage concernés (68 % contre 46 %, 68 % contre 39 %) que les ouvriers (41 % contre 24 %). Seuls 29 % des salariés ayant des horaires atypiques considèrent que leurs horaires de travail s’accordent « très bien » avec leurs engagements sociaux et familiaux, contre 49 % de ceux ayant des horaires standards.

Par ailleurs, les non-salariés travaillent encore plus souvent en horaire atypique: 78 % d’entre eux sont concernés (2,7 millions de personnes) ; 45 % travaillent le soir, 71 % au moins un samedi, et 41 % au moins un dimanche.

Auteur

  • Benjamin d'Alguerre