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Pour une politique du travail

Idées | Livres | publié le : 01.12.2008 |

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Pour une politique du travail

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Face au succès du slogan sarkozyste « travailler plus pour gagner plus », Jean-Louis Laville pointe le danger de cet éloge hyperbolique du travail, où le sociologue voit surtout « une variation sur la rhétorique libérale » selon laquelle « il suffit de restaurer la liberté du travail et de supprimer les entraves à l’initiative pour éliminer le chômage ». Retraçant l’histoire de la notion de travail en France, Laville souligne sa relativité et met en garde contre la confusion trop commune entre emploi dans la sphère marchande et travail. Ce dernier a deux faces : la première, sombre, du travail aliéné établi par un lien de subordination ; la seconde, positive, qui en fait un moyen privilégié de participation sociale. L’auteur distingue trois positions dans le débat sur le travail, tel qu’il a refait surface à la fin du xxe siècle. Le modèle anglo-saxon promouvant la flexibilité comme solution au chômage. Le modèle d’Europe continentale, ensuite, qui accorde une large place au traitement social du chômage, à la réduction des charges sociales et au partage du temps de travail. Mais c’est dans le développement de l’économie solidaire, comme troisième pilier d’une politique du travail, que le professeur du Cnam discerne la vraie réponse aux questions du moment. « Résister à la sacralisation de la croissance apparaît comme la première condition pour un dépassement de l’impuissance du politique », souligne l’auteur, qui stigmatise le travail du dimanche, « exemple éclairant de la façon dont tous les rythmes sociaux se plient à l’expérience non questionnée de la relance de la consommation ». Il défend l’idée d’une économie plurielle consistant à desserrer l’étau de l’économie de marché et à offrir les conditions institutionnelles pour que d’autres formes d’économie puissent être reconnues. Il manque juste le mode d’emploi.