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L’aide à l’insertion des étudiants se structure

Dossier | publié le : 01.09.2008 | S. D.

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N’en déplaise à leurs contempteurs, les universités n’ont pas attendu la loi Pécresse pour se soucier du devenir de leurs étudiants. Toutes se sont déjà dotées de Scuio (services communs universitaires et interuniversitaires d’accueil, d’orientation et d’insertion professionnelle), ont renforcé la durée des stages, professionnalisé leurs programmes, etc. Mais, en leur reconnaissant une nouvelle mission d’orientation et d’insertion professionnelle et en les obligeant à créer un bureau d’aide à l’insertion professionnelle (Baip), la loi les incite à structurer leur démarche. Un chantier titanesque ! « L’insertion des diplômés de master s’est nettement améliorée, note le Cereq dans son étude Génération 2004. D’une génération à l’autre, le taux de chômage trois ans après la fin de leurs études a baissé de quatre points. » Mais, comparés aux diplômés des écoles d’ingénieurs et de commerce, les bac + 5 et les doctorants sont plus souvent victimes du chômage et du temps partiel subi.

Plate-forme commune. Désireuse d’identifier les bonnes pratiques au sein de ses 12 composantes et d’impulser une politique commune, l’université Paris XII (Créteil) a nommé en 2006 Béatrice Barbusse au poste d’assesseur à l’insertion professionnelle et aux partenariats économiques. Un signal fort pour les entreprises. Celle-ci réfléchit à la mise en place d’une plate-forme d’insertion professionnelle commune à Évry et à Marne-la-Vallée, considérée comme exemplaire dans ce domaine. Ouvert en janvier dernier, le bureau d’aide à l’insertion professionnelle de Marne-la-Vallée propose des ateliers d’insertion et des entretiens avec un conseiller issu de l’Afpa. L’université de littérature et de sciences humaines Paris 1 (40 000 étudiants), qui doit organiser 10 500 stages par an, a créé une mission université entreprise (MUE). Pour former les étudiants (de master essentiellement) aux techniques de recherche de stage et d’emploi, 2 conseillers ont accueilli 1 200 étudiants en séances individuelles ou collectives. Depuis peu, la MUE met en ligne un annuaire des anciens et y recense offres d’emplois et de stages. À Caen, l’IAE a rendu obligatoire un module de préparation à l’insertion professionnelle pour ses étudiants inscrits en première année de master. « Nous simulons un entretien d’embauche avec les étudiants en formation continue qui ont, pour la plupart, une expérience en RH », explique Fabrice Le Vigoureux, directeur de l’IAE. L’IAE délivre aussi un livret numérique qui permet à chaque étudiant de consigner ses démarches professionnelles ainsi que la perception de trois de ses camarades sur ses qualités et ses défauts.

En amont, dans la droite ligne du plan réussite en licence, les universités d’Aix-Marseille ont mis en place un contrat de réussite qui se traduit par un accompagnement annuel de vingt-cinq heures et plusieurs ateliers de préprofessionnalisation. L’université de Paris XII (Créteil) s’apprête à généraliser à l’ensemble des licences la préparation à l’insertion professionnelle à travers le projet professionnel et personnel (PPP). Coût de l’opération ? 104 000 euros. En bout de course, l’entrée dans la vie active des 10 000 doctorants qui sortent de fac chaque année reste difficile. Après trois ans, seuls 55 % des doctorants ont signé un CDI (contre 74 % des titulaires de master et 91 % des diplômés d’écoles d’ingénieurs et de commerce). Pour favoriser leur insertion professionnelle, le gouvernement va financer 500 postes de doctorants-conseils. Un nouveau dispositif qui s’ajoute aux conventions Cifre et qui devrait permettre aux bénéficiaires, recrutés et rémunérés par l’université, d’effectuer plus facilement des missions en entreprises.

Auteur

  • S. D.