L'Afpa fait de la télé

La formation professionnelle passe au petit écran. Depuis le 21 février, en effet, la chaîne Demain, consacrée à l'emploi, à la formation et aux initiatives locales, diffuse « Téléformation et savoirs » (TFS), une série de reportages entièrement réalisée par l'Afpa. Diffusées du lundi au samedi pendant trois ans, ces émissions d'une heure s'intéressent à des métiers et des techniques méconnus (solier-moquettiste, cuisinier, maroquinier) et évoquent des thèmes plus sensibles comme le handicap, les discriminations ou l'égalité hommes-femmes. Au programme également, des cours en direct de comptabilité, de physique ou de français.

Misant sur l'interactivité, les deux partenaires invitent les téléspectateurs à poursuivre leurs leçons en se connectant à Internet. Accessible aux quelque 8 millions de foyers abonnés à la chaîne – diffusée sur CanalSatellite, TPS, Free, 9 Telecom –, ce bouquet pédagogique s'adresse en priorité au public de l'Afpa, les demandeurs d'emploi, mais aussi aux salariés en reconversion ou aux repreneurs de petite entreprise. « Notre objectif est de faire découvrir au plus grand nombre des secteurs qui recrutent et d'accompagner le public vers l'emploi grâce à des programmes de formation à distance, explique Jean Guilvout, chef de projet à l'Afpa. Dans nos centres, les professeurs pourront s'appuyer sur ces reportages pour enrichir leur enseignement. »

Yacine Sabeg, président de Demain, renchérit : « Vu l'importance de ses missions, l'Afpa se devait d'avoir son canal de diffusion, c'est désormais chose faite. » D'ores et déjà, TFS dispose de 500 films en stock, réalisés par une centaine de techniciens de la formation. Le défi pour la chaîne est de leur apporter un contenu plus journalistique.

Le Bloomberg de l'emploi

Le mariage de raison entre l'Afpa et Demain tombe à pic. La première élargit enfin l'audience de TFS, lancé en 1997 à l'initiative de la Délégation générale à l'emploi et à la formation professionnelle, qui subventionne le programme à hauteur de 1 million d'euros, et diffusé jusqu'à présent auprès d'un public ultraconfidentiel sur un canal italien, Nettuno. De son côté, la chaîne, lâchée par Canal + en juillet dernier, recherche de nouveaux alliés. « Nos concitoyens sont perdus dans le magma des dispositifs de formation, s'enflamme Yacine Sabeg. Six heures de programmation consacrées au sujet restent insuffisantes. Nous voulons multiplier les partenariats, avec l'Unedic et les Assedic par exemple, pour devenir le Bloomberg de l'emploi. »