Un marché qui se concentre

Sur la base des informations disponibles, voici la future cartographie des institutions de prévoyance. L'écart de chiffre d'affaires constaté entre les groupes les plus gros et les plus petits suffit à démontrer que le mouvement de fusion n'est probablement pas achevé, même si on est entré aujourd'hui dans une phase de digestion des opérations menées ces derniers mois. En tout état de cause, des discussions viennent d'être rompues entre Apicil et Prémalliance, alors qu'elles se poursuivent entre Humanis et Vauban, l'objectif final d'une dizaine de grands groupes paraissant probable à l'échéance de quelques années. On notera que la plupart de ces groupes se sont désormais équipés de pôles mutualistes et/ou de pôles d'assurances dont les activités sont comptabilisées dans les chiffres d'affaires retenus. Les opérations réalisées sur les marchés étrangers entrent également dans le périmètre de consolidation.

Ce classement prend comme référence les cotisations perçues dans le cadre des contrats conclus avec les entreprises sur l'assurance complémentaire santé et la prévoyance lourde, regroupées sous le terme de « prévoyance collective ». En fait, dans la grande majorité des cas, les mutuelles ont une activité marginale sur l'invalidité-incapacité-décès. Ce classement s'appuie également sur le chiffre d'affaires des mutuelles et non des groupements, qui n'ont pas tous le même objet. Le groupe MIP-MG fait exception dans la mesure où la souscription de contrats en commun rendait visiblement impossible une présentation séparée des deux mutuelles qui le composent. Parmi les principaux groupements mutualistes présents sur la prévoyance collective figurent Alliance mutualiste (Préviade-Mutouest, groupe Harmonie Mutualité), le groupe Mieux-Être et Ressources mutuelles (Mutuelle Atlantique, Sphéria Val de France, Just'ensemble, MCD).

Les compagnies d'assurances privées ne rendent pas public leur chiffre d'affaires en collective prévoyance lourde et santé. Force est de s'en remettre au seul classement disponible sur les cotisations collectées en assurance collective santé. Il montre, selon la Fédération française des sociétés d'assurances, qu'en réalité une demi-douzaine de sociétés sont réellement présentes sur ce créneau, détenant à elles seules plus de 80 % du marché. Quelques dizaines d'autres compagnies ne font que de la figuration. La concentration est encore plus forte quand on considère la position d'Axa qui réalise à lui seul un chiffre d'affaires quasi équivalent à celui des autres sociétés d'assurance, les seules pourtant qui paraissent de taille à résister à la concurrence venue d'ailleurs.