Prévoyance : note salée pour les entreprises

N'en jetez plus ! Pour la seconde année consécutive, les mutuelles santé vont augmenter significativement leurs tarifs. Et ce n'est pas l'engagement pris par certaines d'entre elles de ne pas prendre en charge les dépassements d'honoraires engendrés par la réforme de l'assurance maladie qui changera la donne. Pour les employeurs, la facture va s'alourdir, au point de devenir difficilement supportable, en période de réduction des coûts ! Et rien n'indique que la tendance puisse s'inverser. Les réformes des retraites et de l'assurance maladie vont transférer des charges supplémentaires sur les organismes complémentaires et, par voie de conséquence, sur les entreprises. Et ce n'est pas tout. Alors qu'elles doivent assumer financièrement l'instauration d'un nouveau droit individuel à la formation, des demandes nouvelles apparaissent : participation au financement des contrats intermédiaires prônés par Jean-Louis Borloo, contribution à la mise en place d'une seconde carrière dans le cadre de la négociation sur le maintien en activité des seniors prévue par la loi Fillon, projet d'extension de la contribution à l'Association pour la garantie des salaires afin de financer les restructurations… Bref, l'addition s'allonge, alors que les nouvelles règles comptables internationales obligent certaines entreprises à provisionner tout ou partie de leurs engagements.

Résultat, les DRH sont sous pression. À la demande de leur direction générale, ils doivent opérer une remise à plat de la couverture sociale de leur personnel. Et ce n'est pas facile. D'abord, la prévoyance fait partie des dossiers sensibles auxquels on préfère souvent ne pas toucher dans l'entreprise. Ensuite, les modalités de gestion du risque santé par les complémentaires ne sont pas encore clairement définies. En outre, tant au niveau du choix des opérateurs que des produits proposés, les DRH se trouvent confrontés à un maquis d'une redoutable complexité. Ils savent parfaitement, en revanche, que toute remise en cause des contrats de prévoyance, dans le contexte d'une politique de « rémunération globale », télescope les politiques salariales et risque de nuire au climat social dans l'entreprise. Cela dit, il existe des marges de manœuvre, et l'on peut compter sur l'imagination des opérateurs pour mettre au point des produits performants. Et moins chers.