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Main dans la main avec l'ANPE

Dossier | publié le : 01.06.2004 | A.-C. G.

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Main dans la main avec l'ANPE

Crédit photo A.-C. G.

« Il y a vingt ans, travailler avec l'ANPE aurait été impensable ! Nous étions de véritables ennemis, reconnaît Franck Yschard, directeur régional de Rhône-Alpes chez Adecco. Aujourd'hui nous sommes complémentaires, notamment sur la remise à l'emploi et la formation des chômeurs. » Sur le site Internet de l'ANPE et au sein des agences, cette nouvelle relation de partenariat est visible. Les entreprises de travail temporaire y figurent désormais en bonne place, présentées comme des employeurs potentiels, avec profil des intérimaires recherchés et description des méthodes de recrutement.

Cette révolution culturelle a commencé il y a dix ans lorsque l'ANPE a signé avec la profession une première convention nationale de partenariat. L'idée était avant tout de faire circuler les offres d'emploi. « Au début, les entreprises de travail temporaire avaient des réticences à nous transmettre les coordonnées des entreprises avec lesquelles elles travaillaient de peur que nous n'allions les démarcher, se souvient Mireille Fric, directrice du développement des services à l'Anpe. Depuis, nos relations ont mûri. Nous avons adopté des règles de bonne conduite. Aujourd'hui, les ETT représentent 12% des offres d'emploi qui nous sont confiées. » 380 000 offres de mission ont transité en 2003 entre l'ANPE et les entreprises de travail temporaire, et plus de 78 % ont été satisfaites.

Pallier la pénurie de main-d'œuvre

Les ennemis d'hier se sont découvert des intérêts communs et les accords de partenariat se sont multipliés. Adecco, Manpower, VediorBis ont conclu des conventions au niveau national. Creyf's s'est rapproché de l'ANPE en mai dernier. Kelly Services et Crit se lancent également. Randstad a choisi de formaliser ses relations avec l'agence par une convention test dans les Bouches-du-Rhône. « L'objectif est de générer des opportunités de business entre nos agences, explique Alain Giraud, directeur régional pour le sud de la France à Randstad. Nous travaillions déjà depuis près de huit ans ensemble. Mais localement, lorsque les directeurs de nos agences respectives parvenaient à s'entendre. La convention doit faciliter ces relations. Un chargé de recrutement de l'ANPE va désormais prendre en compte les offres que nous n'arrivons pas à satisfaire et que nous lui transmettrons directement. » Et ces conventions ouvrent aux ETT l'accès au fichier de l'ANPE.

L'un des objectifs du partenariat est de pallier la pénurie de main-d'œuvre. « En Paca, nous manquons de maçons, d'électriciens, de chauffeurs, de plombiers, continue Alain Giraud, à Randstad. Nous comptons mettre en place des parcours de formation qualifiants pour fabriquer les compétences qui nous manquent. À l'ANPE de trouver des candidats, à nous et aux entreprises de les recruter et de les former via des dispositifs comme les contrats de mission formation-insertion, les contrats de mission jeunes intérimaires ou encore les stages d'accès à l'entreprise de l'ANPE. » Adecco en Rhône-Alpes a déjà lancé ce type d'actions. « Nous avons formé 12 conductrices de bus dont 10 présentées par l'ANPE locale. Nous finançons la formation et mettons au travail ces femmes via des missions d'intérim, qui se transforment par la suite en CDI », décrit Franck Yschard, d'Adecco.

Pour l'ANPE chargée d'organiser le Pare, les entreprises d'intérim se révèlent aussi de précieux partenaires pour l'évaluation des compétences et des capacités professionnelles (ECCP) des demandeurs d'emploi. « Nous avions un manque de prestataires pour les 310 000 évaluations de compétences que nous devons réaliser cette année. Jusqu'à présent, nous travaillions principalement avec des organismes de formation comme l'Afpa qui effectue déjà 30 000 ECCP par an, explique Mireille Fric, à l'ANPE. Mais cela ne suffisait pas. Nous nous sommes donc rapprochés du Sett pour voir dans quelle mesure les entreprises de travail temporaire pouvaient se charger d'une partie de ces évaluations. »

Ces dernières ont concocté des tests pour évaluer les intérimaires avant de les envoyer en mission. En 2003, elles ont effectué 5 000 ECCP et comptent passer à la vitesse supérieure cette année. « Nous pouvons réaliser des évaluations sur une vingtaine de métiers grâce à nos outils internes, note Chantal Bézard, responsable de la formation à Manpower. En 2003, nous avons pratiqué 500 évaluations mais nous pourrions en faire dix fois plus. » Une aubaine pour les ETT qui voient là une reconnaissance de leur savoir-faire mais également une opportunité de diversification. Sans compter que ces prestations sont facturées environ 100 euros par demi-journée à l'ANPE.

Auteur

  • A.-C. G.