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L'intéressement, un nouvel outil de management

Dossier | publié le : 01.06.2003 | Catherine Lévi, David Garcia

Dans bon nombre d'entreprises, l'intéressement fait l'objet d'un dépoussiérage. Longtemps calé sur les résultats économiques et financiers, il est désormais associé à des critères comme la qualité, la sécurité, la productivité, la satisfaction des clients… Afin de piloter la performance au plus près du terrain, les directions déclinent ces nouveaux indicateurs par établissement ou par service. L'intéressement devient alors un outil de management très fin, un vrai levier opérationnel pour les responsables de service et non plus un simple instrument de redistribution indifférencié. Les objectifs assignés au personnel sont plus motivants, en tout cas plus parlants que l'augmentation du résultat d'exploitation. Depuis la loi Fabius de 2001, il est en outre possible de distribuer des primes d'intéressement chaque trimestre, de sorte que les salariés peuvent voir rapidement le résultat de leurs efforts. Pour « vendre » leur dispositif, les managers mettent alors en place une importante communication, qui ne se limite pas à une brochure technique annexée au bulletin de paie.

Pour monter ce type de Meccano, il est indispensable de définir des indicateurs fiables, en nombre raisonnable, en phase avec l'organisation et facilement mesurables. Les critères ne doivent être ni trop aisés ni trop difficiles à remplir, pour ne pas créer de rancœurs entre services. Bien souvent, les salariés sont associés à leur définition. Une démarche participative utile pour obtenir leur adhésion. Cela vaut également pour les syndicats, trop souvent écartés du débat sur les performances de l'entreprise et parfois hostiles aux accords d'intéressement à la carte, au nom de l'équité entre les salariés.

Il reste que beaucoup d'entreprises ne sont pas prêtes à déconnecter l'intéressement des résultats financiers ou de la croissance. Les raisons en sont multiples : méconnaissance des possibilités offertes par la loi, focalisation sur la situation financière, inquiétude devant la complexité apparente des formules d'intéressement à la performance. Certaines firmes de plus de 50 salariés font encore la confusion avec la participation, un mécanisme de redistribution souvent jugé obsolète. Et les PME continuent d'ignorer superbement l'intéressement. Les entreprises innovantes dans ce domaine n'en sont que plus méritantes.

Auteur

  • Catherine Lévi, David Garcia