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Une lente montée en charge

Dossier | publié le : 01.06.2002 | S.D.

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Deuxième dispositif phare de la loi Fabius, le plan d'épargne interentreprises (PEI) suscite un intérêt croissant dans les PME et au sein des professions libérales. C'est pour permettre à ces laissés-pour-compte de l'épargne salariale d'y accéder que ce nouvel outil a été imaginé. Le PEI donne aux employeurs la possibilité de se rassembler pour créer un plan d'épargne « supra-entreprises » bloqué cinq ans, comme un PEE classique. Concrètement, les partenaires sociaux peuvent signer un accord au niveau d'une branche professionnelle ou d'un bassin d'emploi. Jusqu'à présent, PME et TPE n'ont guère fait preuve d'empressement à l'égard du PEI. « 70 % des petites entreprises n'ont pas eu le temps de s'y intéresser, trop occupées par les 35 heures et l'euro », expliquait récemment Martine Marandel-Joly, présidente de l'Association des femmes chefs d'entreprise, lors d'une rencontre sénatoriale consacrée à l'épargne salariale. Mais le dispositif devrait monter en puissance à partir du second semestre. Ainsi, l'Union nationale des professions libérales (UNAPL), qui représente près de 600 000 indépendants, réfléchit à la mise en place d'un PEI, et a lancé un appel d'offres dans ce sens auprès des principales sociétés de gestion.

Carrefour donne l'exemple

Néanmoins, les premiers plans interentreprises ont d'ores et déjà été signés. C'est Carrefour qui a montré la voie, en lançant en octobre dernier son PEI Partenaires. Objectif ? Permettre aux 30 000 salariés de ses quelque 2 000 magasins franchisés (notamment sous les enseignes Champion, Shopi, Huit à huit) d'accéder à un plan d'épargne. Le numéro deux mondial de la grande distribution, qui souhaite faire de la franchise l'axe majeur de sa croissance, en profite ainsi pour renforcer les liens avec son réseau de magasins autonomes. Élaboré par la Société générale Asset Management, la formule donne aux salariés la possibilité d'investir dans trois fonds communs de placement. Aujourd'hui, environ 70 franchisés représentant 1 300 employés ont adhéré au PEI.

Fédérer des entreprises qui n'ont rien en commun, si ce n'est la proximité géographique, au sein d'un même plan d'épargne salariale est une autre paire de manches. En Haute-Normandie, le Medef et la CFTC l'ont pourtant fait. En février dernier, ils ont signé le premier PEI couvrant une partie de la Seine-Maritime, en l'occurrence la zone Rouen-Dieppe. Ouvert à toutes les entreprises de la région, quelles que soient leur taille et leur activité, ce dispositif est fondé sur un accord-cadre assez souple. Au total, 18 000 établissements privés sont potentiellement concernés. « Les partenaires sociaux ont voulu construire un supermarché de l'épargne salariale, où n'importe quelle entreprise peut trouver son compte », explique Sébastien Morin, directeur régional du groupe Vauban-Prado Épargne, gestionnaire du PEI. En matière d'abondement, par exemple, l'employeur adhérent est libre de définir ses propres règles. Il peut aussi opter pour le coupon épargne, une sorte de Chèque-Restaurant inventée par la société de gestion. « L'employeur nous achète des coupons valant 200 euros l'unité, expose Sébastien Morin. Il les revend 50 euros à ses salariés et prend le reste à sa charge. »

En Alsace, la CGC et FO ont apposé leurs signatures au premier PEI de branche, dans la boulangerie artisanale. Cet accord, qui intéresse au total 1 000 entreprises et 5 000 salariés, utilise au maximum la loi Fabius puisqu'il prévoit non seulement la mise en place d'un PEI, mais aussi celle d'un PPESVI.

Auteur

  • S.D.