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Jean-Luc Mélenchon, L’Union populaire

À la une | publié le : 01.04.2022 |

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Jean-Luc Mélenchon, L’Union populaire

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Salaires et pouvoir d’achat.

« Le droit à un salaire décent est non négociable ! » Dans le programme de Jean-Luc Mélenchon, ce leitmotiv se traduit par une intention de porter le Smic à 1 400 euros associée à un rattrapage du gel du point d’indice des fonctionnaires depuis 2010. D’ailleurs, l’entrée à l’Élysée du candidat insoumis en avril 2022 se traduirait par la mise en œuvre d’une grande conférence sociale sur les salaires, les conditions de travail et les qualifications professionnelles en vue de revoir un certain nombre d’items à la hausse, dont l’égalité salariale hommes-femmes et les grilles de salaire dans les entreprises en partant du principe « pas de différentiel salarial excédant un ratio de 1 à 20 ».

Emploi.

Partage effectif du temps de travail et garantie de l’emploi constituent les deux mamelles du volet « emploi » du programme de L’Union populaire. Côté temps de travail, les insoumis militent pour une réduction à 32 heures hebdomadaires pour les emplois les plus pénibles et à 35 heures effectives ailleurs. Comprendre : rémunérer les heures supplémentaires, cotisations incluses, à hauteur de 25 % pour les quatre premières et de 50 % au-delà, et revoir, par la négociation de branche, l’annualisation du temps de travail ou les forfaits jours. Objectif affiché : libérer des plages horaires pour favoriser les embauches. Et permettre la création d’une sixième semaine de congés payés.

Dialogue social.

Dans la continuité des propositions précédentes, c’est justement par la négociation de branche que les insoumis entendent procéder au partage du temps de travail auquel une autre grande conférence sociale sera consacrée en début de mandat. Mais la « citoyenneté sociale » doit aussi s’exprimer dans les entreprises avec le renforcement des droits des salariés à poser leurs congés ou à partager les congés parentaux. Le rôle des IRP sera également accru avec l’obtention d’un droit de veto en cas de restructuration des entreprises, de fermeture ou de délocalisation. Les salariés disposeront en outre d’un droit à exprimer un vote de défiance en cas de décision stratégique de l’employeur allant contre leur intérêt. Ces réformes s’accompagneront d’une abrogation des ordonnances travail, de la Loi El Khomri et du rétablissement du « principe de faveur » dans le dialogue social interdisant les accords établissant un moins-disant social. Quant au recours aux contrats précaires (CDD, intérim…), ils sera limité à 10 % de l’effectif dans les TPE-PME et à 5 % au-delà.

Assurance-chômage.

Sans surprise, les réformes survenues pendant ce quinquennat seront, elles aussi, abrogées. Les indemnités des demandeurs d’emploi seront recalculées en fonction des derniers salaires, la radiation sera rendue plus difficile et l’obligation d’accepter « les offres d’emploi raisonnables » sous peine de se voir radié sera supprimée. Une couverture chômage plus avantageuse sera accordée aux intérimaires et autres « intermittents de l’emploi ».

Formation et apprentissage.

Alors qu’en 2017, la formation constituait le parent pauvre du programme insoumis (il s’agissait essentiellement de revaloriser les lycées professionnels), les équipes du candidat Mélenchon ont, cette fois, musclé leurs propositions en reprenant à la CGT l’idée d’une « sécurité sociale professionnelle » qui accompagnerait les salariés tout au long de leur carrière. Concrètement, cette mesure prendrait la forme d’un maintien du revenu pendant les périodes de reconversion ou de formation, de la dotation d’un capital annuel de 36 heures de formation et de l’intégration des durées de stage ou d’apprentissage dans la sécurité sociale professionnelle. Le tout chapeauté par un secrétariat d’État à la Formation professionnelle.

Retraites.

60 ans à temps plein pour quarante annuités de cotisation, sinon rien ! Jean-Luc Mélenchon s’engage d’ailleurs à porter le montant minimal des retraites au Smic, à prendre en compte les périodes au RSA dans le calcul des trimestres, à augmenter le taux de cotisation vieillesse de 0,25 point chaque année durant le quinquennat et aussi à soumettre à cotisations les revenus d’intéressement, de participation, d’épargne salariale et les revenus financiers des entreprises.

La troisième candidature sera-t-elle la bonne ? D’abord étiqueté Front de gauche, puis France insoumise, puis L’Union populaire, le député des Bouches-du-Rhône fait la course en tête à gauche, ayant même réussi, dans les dernières semaines de la campagne, à devenir le candidat du vote utile. Côté social, Jean-Luc Mélenchon a choisi d’assumer un positionnement basé sur une relance de la demande, à contre-courant des politiques de l’offre mises en place sous les quinquennats précédents. Signe de cette radicalité affichée, l’insoumis n’a présenté son programme devant aucune organisation patronale, pas plus le Medef que la CPME ou l’UIMM. Seul souci pour lui : le communiste Fabien Roussel et l’écolo Yannick Jadot lui mordillent toujours les talons pour le vote à gauche.