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À votre travail, prêts, partez !

Rendez-vous experts | publié le : 01.09.2020 | Nawal Mrani Alaoui

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À votre travail, prêts, partez !

Crédit photo Nawal Mrani Alaoui

Nous y sommes, c’est la rentrée, et la question de savoir quelle sera la forme de la reprise économique com-mence à se dessiner. Ni en U, en V ou en W, la Banque de France entrevoit pour sa part une reprise « en aile d’oiseau » : une première phase de rebond marqué de l’activité, à la faveur du déconfinement, suivie d’une seconde phase de reprise, plus lente. Toutefois l’incertitude demeure, car l’évolution de la situation sanitaire à l’automne ne peut pas être anticipée…

Quelles solutions pour les entreprises ?

Quels sont les dispositifs pour préserver l’emploi dans une période aussi troublée et incertaine que la rentrée post-déconfinement ? Si l’activité partielle a été très largement utilisée pour faire face aux impacts im-médiats de la crise, les entreprises doivent maintenant progressivement retrouver une activité normale. Celles pour lesquelles un retour normal à l’activité n’est pas prévu dans un avenir proche, peuvent recourir au dis-positif d’APLD (activité partielle de longue durée) qui permet d’aider plus durablement les entreprises jusqu’à ce qu’elles retrouvent une activité normale.

Mais est-ce que toutes les entreprises ont la même capacité à retrouver une activité « normale » à court ou moyen terme ? La réalité aujourd’hui est qu’une majorité des binômes DG-DRH ne s’interdit plus une réflexion large sur l’emploi dans leur entreprise. Comment peuvent-ils créer un appel d’air dans l’organisation sans condamner leur entreprise à une fuite des talents, à une démotivation généralisée, à une exposition médiatique négative, etc. ?

Les plans de licenciements collectifs sont envisagés quelle que soit leur forme (PSE, plans de départs volontaires, ruptures conventionnelles collectives, etc.), mais à côté d’eux se trouvent des alternatives comme l’accord de performance collective ou l’APLD précédemment citée. Ces alternatives ont le mérite de préserver l’emploi dans l’entreprise : la première est 100 % financée par l’entreprise, la seconde est en partie indemnisée par les deniers publics.

La voie du licenciement collectif semble être privilégiée

Pour beaucoup d’entreprises, seule la voie du licenciement collectif est envisageable, leur situation économique ne permettant pas de « patienter » jusqu’à ce que leur activité revienne à la normale.

Face aux difficultés économiques et à la menace qui pèsent sur leur activité, les entreprises se sont tournées vers le rabotage des effectifs. En effet le suivi des PSE réalisé par la Dares montre qu’elles sont plus nombreuses à recourir au PSE et pour des volumes d’emplois plus importants. Ainsi, le cumul du nombre de PSE s’élève à 275 pour la période du 1er mars au 19 juillet (contre 214 PSE l’an dernier à la même époque) avec un total de 43 343 emplois supprimés soit plus du double du chiffre atteint l’année dernière (16 514).

À cela il convient d’ajouter 2 023 « petits » plans de licenciements collec-tifs initiés depuis début mars (il s’agit pour la plupart de plans de licenciements économiques de 2 à 9 sala-riés). La Dares précise que les secteurs les plus concernés sont ceux du commerce et de la réparation d’automobile (28 %), suivi de l’hébergement et de la restauration (15 %).

Inutile cependant de jouer les Cassandre. Seuls les prochains mois nous indiqueront l’ampleur des dégâts sur le front de l’emploi et jusqu’où l’évolution de la situation sanitaire fera perdre ses plumes à cette reprise « en aile d’oiseau ».

Auteur

  • Nawal Mrani Alaoui