Qu’est-ce qu’un système de retraite juste ?
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Une réforme des retraites présentée comme « plus juste »

« Qu’est-ce qu’un système de retraite juste ? », c’est la question posée par l’Observatoire des inégalités fin janvier 2020. Évidemment, il n’existe pas de réponses simples, mais la règle « un euro cotisé ouvre les mêmes droits » du système par point lui paraît plus juste car « le statut de l’employeur ne devrait pas déterminer le niveau de la pension ». Les principes de justice ne devraient tout de fois pas s’arrêter là. D’abord, les inégalités de revenus du travail produisent des inégalités de pension de retraite. À 65 ans, l’écart de salaire brut entre ouvriers non qualifiés et cadres atteint 5 700 euros. Ensuite, la pénibilité des métiers et la durée d’activité créent des écarts en matière de mortalité et d’années de retraite perçues.

Un débat sur la pension minimale

La justice d’un système de retraite s’évalue, entre autres, à l’existence d’une pension minimale, selon l’Observatoire des inégalités. Reste à savoir à quel niveau fixer ce minimum. Le Gouvernement propose un montant de 1 000 euros par mois pour une carrière complète à partir de 2022, contre 703 euros aujourd’hui accessibles dès 62 ans. Un minimum vieillesse de 900 euros existe également à partir de 65 ans, que les personnes aient cotisé ou non. Ces montants sont inférieurs au Smic (1 219 euros), mais supérieurs au RSA (559 euros). En moyenne, un retraité a perçu 1 547 euros de pension en 2017, selon la Drees.

Retraite par répartition versus retraite par capitalisation

La retraite par point reste un système par répartition, souvent jugé plus juste qu’un système par capitalisation.

> La retraite par répartition est « plus sûre » que la retraite par capitalisation, car les rendements financiers peuvent être assez aléatoires, voire « catastrophiques », selon l’Observatoire des inégalités.

> Un système par capitalisation pourrait accroître les inégalités, car il intéresserait principalement les plus hauts revenus. La limitation des cotisations qui donnent droit à pension à 10 000 euros bruts par mois, et non plus à 27 000 euros, favoriserait les dispositifs par capitalisation.

> Un système uniquement basé sur la capitalisation pourrait au contraire permettre de redistribuer le capital, estiment certains économistes comme Philippe Trainar pour qui « les systèmes de retraite par répartition dissuadent les ménages moins fortunés (…) de se constituer un patrimoine retraite. Ils jouent dans le sens d’un accroissement des inégalités patrimoniales » (revue « Réalités industrielles », février 2020).

16,2

millions, c’est le nombre de personnes percevant une pension de retraite en France en 2017, selon la Drees, soit environ une personne sur quatre.